Par mamykool

Bon mardi !
Où l’on découvre un hommage qui ne passe pas.
Paris, 1870. Le Salon, une importante manifestation artistique, approche à grand pas.
Pour y être exposé, le peintre Bazille travaille d’arrache-pied sur un tableau, La Toilette. Il y met de l’ardeur, et beaucoup d’argent ! En effet, l’artiste raconte qu’il a trouvé "un modèle ravissant mais qui va me coûter les oreilles"…

Frédéric Bazille, La Toilette, 1870, huile sur toile, 130 x 128 cm, Musée Fabre, Montpellier
Alors que Bazille se voit déjà au Salon, écrivant à ses parents que toutes ses toiles sont sélectionnées, le jury de l’événement en décide autrement. La Toilette est refusée !
Pourtant, le sujet a tout pour plaire : dans un univers orientaliste alors à la mode, Bazille peint une voluptueuse jeune femme nue assise sur une fourrure.
Deux femmes l’encadrent, une servante noire et une demoiselle habillée.

Détail de l’œuvre
Un sujet finalement assez classique. Alors, qu’est-ce qui n’a pas plu au jury ?
Dans La Toilette, Bazille prend un risque : il fait un hommage appuyé à Olympia, l’œuvre de Manet peinte sept ans plus tôt.

Édouard Manet, Olympia, 1863, huile sur toile, 190 x 130 cm, Musée d’Orsay, Paris
On y voyait notamment un contraste entre les peaux blanche et noire, que Bazille reprend dans sa toile. Sa manière de peindre, très moderne, fait également penser au style de Manet…
Sauf qu’Olympia avait fait un scandale tonitruant ! Le jury du Salon, plutôt conservateur, a la rancune tenace. L’hommage de Bazille ne passe pas…

À gauche : Frédéric Bazille, La Toilette. À droite : Édouard Manet, Olympia
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