• Pensée du jour:

    Un poème et son auteur

    Mars

    René-François Sully Prudhomme

    En mars, quand s’achève l’hiver,
    Que la campagne renaissante
    Ressemble à la convalescente
    Dont le premier sourire est cher ;

    Quand l’azur, tout frileux encore,
    Est de neige éparse mêlé,
    Et que midi, frais et voilé,
    Revêt une blancheur d’aurore ;

    Quand l’air doux dissout la torpeur
    Des eaux qui se changeaient en marbres ;
    Quand la feuille aux pointes des arbres
    Suspend une verte vapeur ;

    Et quand la femme est deux fois belle,
    Belle de la candeur du jour,
    Et du réveil de notre amour
    Où sa pudeur se renouvelle,

    Oh ! Ne devrais-je pas saisir
    Dans leur vol ces rares journées
    Qui sont les matins des années
    Et la jeunesse du désir ?

    Mais je les goûte avec tristesse ;
    Tel un hibou, quand l’aube luit,
    Roulant ses grands yeux pleins de nuit,
    Craint la lumière qui les blesse,

    Tel, sortant du deuil hivernal,
    J’ouvre de grands yeux encore ivres
    Du songe obscur et vain des livres,
    Et la nature me fait mal.


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  • Mon poème

    Pensée du jour:

    Mon poème

    Cette photo que mon ami Bébert m'a offerte , m'a inspirée ce poème ! merci de partager tes superbes photos qui me font voyager agréablement ! je t'offre à mon tour ce poème ! http://albert-danielle.eklablog.com/

    Mon poème

     


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  • Un poème et son auteur

    L'école-Maurice Carême


    L’école était au bord du monde,
    L’école était au bord du temps.
    Au dedans, c’était plein de rondes ;
    Au dehors, plein de pigeons blancs.

    On y racontait des histoires
    Si merveilleuses qu’aujourd’hui,
    Dès que je commence à y croire,
    Je ne sais plus bien où j’en suis.

    Des fleurs y grimpaient aux fenêtres
    Comme on n’en trouve nulle part,
    Et, dans la cour gonflée de hêtres,
    Il pleuvait de l’or en miroirs.

    Sur les tableaux d’un noir profond,
    Voguaient de grandes majuscules
    Où, de l’aube au soir, nous glissions
    Vers de nouvelles péninsules.

    L’école était au bord du monde,
    L’école était au bord du temps.
    Ah ! que ne suis-je encor dedans
    Pour voir, au dehors, les colombes !

    Maurice CARÊME

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  • Pensée du jour:

    Mon poème

    Mon poème


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  • Pensée du jour:

    Un poème et son auteur

    Victor HUGO
    1802 - 1885

     

    La coccinelle

    Elle me dit : Quelque chose
    Me tourmente. Et j'aperçus
    Son cou de neige, et, dessus,
    Un petit insecte rose.

    J'aurais dû - mais, sage ou fou,
    A seize ans on est farouche,
    Voir le baiser sur sa bouche
    Plus que l'insecte à son cou.

    On eût dit un coquillage ;
    Dos rose et taché de noir.
    Les fauvettes pour nous voir
    Se penchaient dans le feuillage.

    Sa bouche franche était là :
    Je me courbai sur la belle,
    Et je pris la coccinelle ;
    Mais le baiser s'envola.

    - Fils, apprends comme on me nomme,
    Dit l'insecte du ciel bleu,
    Les bêtes sont au bon Dieu,
    Mais la bêtise est à l'homme.


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