• Pensée du jour:

     

     

     La vie profonde

     

    Anna de Noailles (1876-1933)

    Être dans la nature ainsi qu'un arbre humain,
    Étendre ses désirs comme un profond feuillage,
    Et sentir, par la nuit paisible et par l'orage,
    La sève universelle affluer dans ses mains.

    Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face,
    Boire le sel ardent des embruns et des pleurs,
    Et goûter chaudement la joie et la douleur
    Qui font une buée humaine dans l'espace.

    Sentir, dans son cœur vif, l'air, le feu et le sang
    Tourbillonner ainsi que le vent sur la terre ;
    — S'élever au réel et pencher au mystère,
    Être le jour qui monte et l'ombre qui descend.

    Comme du pourpre soir aux couleurs de cerise,
    Laisser du cœur vermeil couler la flamme et l'eau,
    Et comme l'aube claire appuyée au coteau
    Avoir l'âme qui rêve, au bord du monde assise...

    Anna de Noailles.

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  • Pensée du jour:

    Mon poème

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  • Matin d’Octobre

    François Coppée

    C’est l’heure exquise et matinale
    Que rougit un soleil soudain.
    A travers la brume automnale
    Tombent les feuilles du jardin.

    Leur chute est lente. On peut les suivre
    Du regard en reconnaissant
    Le chêne à sa feuille de cuivre,
    L’érable à sa feuille de sang.

    Les dernières, les plus rouillées,
    Tombent des branches dépouillées :
    Mais ce n’est pas l’hiver encor.

    Une blonde lumière arrose
    La nature, et, dans l’air tout rose,
    On croirait qu’il neige de l’or.

    François Coppée, Promenades et Intérieurs


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  • Bon mercredi !

    Pensée du jour:

     

    Mon poème

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  • Bon mardi !

    Pensée du jour:

     

    Automne

    Emile Verhaeren

    Matins frileux
    Le vent se vêt de brume ;
    Le vent retrousse au cou des pigeons bleus
    Les plumes.
    La poule appelle
    Le pépiant fretin de ses poussins
    Sous l’aile.
    Panache au clair et glaive nu
    Les lansquenets des girouettes
    Pirouettent.
    L’air est rugueux et cru ;
    Un chat près du foyer se pelotonne ;
    Et tout à coup, du coin du bois résonne,
    Monotone et discord,
    L’appel tintamarrant des cors
    D’automne.

    Emile Verhaeren, 1895

     


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