• Bon mardi !

    Saint Corentin

    Dicton du jour:

    A la St Corentin, le plein hiver glace le chemin.

     

    René Guy Cadou est un poète français, né le 15 février 1920 à Sainte-Reine-de-Bretagne (Loire-Atlantique), et décédé le 20 mars 1951 à 31 ans à Louisfert (Loire-Atlantique).

    L’AIR BLEU

    Tout est en l’air
    Il y a des oiseaux qui volent de travers
    On ouvre la fenêtre
    Un instant
    Tu verras ta tête disparaître
    Et tes mains suspendues derrière le coteau


    Comme c’était dimanche
    Il a fait jour plus tôt
    Le soleil se dévide
    On a mis des bouquets au creux des lampes vides
    Et l’ombre est revenue par le dernier bateau

    Maintenant je t’écoute
    Avec toi
    C’est un peu le grand vent sur la route
    Et je colle à ta peau
    À deux doigts de ton cœur
    Il fait chaud

    René Guy Cadou

     


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  • Un poème et son auteur

    Bon mardi !

    Dicton du jour:

    Saint Gérald

    Si décembre et janvier ne font leur chemin, février fait le lutin.

     

    Ma participation à "Mardi poésie" chez Lady Marianne: http://www.ma-chienne-de-vie.com/ Thème "L'hiver"

     

    En hiver

    Emile Verhaeren

    Le sol trempé se gerce aux froidures premières,
    La neige blanche essaime au loin ses duvets blancs,
    Et met, au bord des toits et des chaumes branlants,
    Des coussinets de laine irisés de lumières.

    Passent dans les champs nus les plaintes coutumières,
    A travers le désert des silences dolents,
    Où de grands corbeaux lourds abattent leurs vols lents
    Et s’en viennent de faim rôder près des chaumières.

    Mais depuis que le ciel de gris s’était couvert,
    Dans la ferme riait une gaieté d’hiver,
    On s’assemblait en rond autour du foyer rouge,

    Et l’amour s’éveillait, le soir, de gars à gouge,
    Au bouillonnement gras et siffleur, du brassin
    Qui grouillait, comme un ventre, en son chaudron d’airain.

    Emile Verhaeren


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  • Bon mardi !

    Ma citation du jour:

    Un poème et son auteur

    Ma participation à "Mardi poésie" chez Lady Marianne: http://www.ma-chienne-de-vie.com/ 

    Gaieté

    Gérard de Nerval

    Petit piqueton de Mareuil,
    Plus clairet qu’un vin d’Argenteuil,
    Que ta saveur est souveraine !
    Les Romains ne t’ont pas compris
    Lorsqu’habitant l’ancien Paris
    Ils te préféraient le Surène.

    Ta liqueur rose, ô joli vin !
    Semble faite du sang divin
    De quelque nymphe bocagère ;
    Tu perles au bord désiré
    D’un verre à côtes, coloré
    Par les teintes de la fougère.

    Tu me guéris pendant l’été
    De la soif qu’un vin plus vanté
    M’avait laissé depuis la veille ;
    Ton goût suret, mais doux aussi,
    Happant mon palais épaissi,
    Me rafraîchit quand je m’éveille.

    Eh quoi ! si gai dès le matin,
    Je foule d’un pied incertain
    Le sentier où verdit ton pampre !…
    – Et je n’ai pas de Richelet
    Pour finir ce docte couplet…
    Et trouver une rime en ampre.

    Gérard de Nerval


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  • Bon mercredi !

    Ma citation du jour:

    Douceur marine !

    Le soleil jette ses rayons dorés

    Sur la jolie Méditerranée !

    Une légère brise matinale

    Sur la mer aux reflets de cristal

    Flotte, parfumée d'embruns

    Dans ce doux et paisible matin !

    Quelques oiseaux marins

    Survolent, cette immensité bleue,

    Tout est calme, silencieux...

    Pour un instant, le temps s'est arrêté !

    Et, tel un Robinson Crusoé

    Je respire, et n’imprègne de sérénité,

    Loin, très loin du monde civilisé !

    Michelle


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  • Un poème et son auteur

    Bon mardi !

    Ma citation du jour:

    Un poème et son auteur

    Ma participation à "Mardi poésie" chez Lady Marianne: http://www.ma-chienne-de-vie.com/ 

    Mer montante
    José-Maria de HEREDIA
     

    Le soleil semble un phare à feux fixes et blancs.
    Du Raz jusqu’à Penmarc’h la côte entière fume,
    Et seuls, contre le vent qui rebrousse leur plume,
    A travers la tempête errent les goélands.

    L’une après l’autre, avec de furieux élans,
    Les lames glauques sous leur crinière d’écume,
    Dans un tonnerre sourd s’éparpillant en brume,
    Empanachent au loin les récifs ruisselants.

    Et j’ai laissé courir le flot de ma pensée,
    Rêves, espoirs, regrets de force dépensée,
    Sans qu’il en reste rien qu’un souvenir amer.

    L’Océan m’a parlé d’une voix fraternelle,
    Car la même clameur que pousse encor la mer
    Monte de l’homme aux Dieux, vainement éternelle.


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