• Un poème et son auteur

    Sainte Aimée

    Dicton du jour:

    Souvent à la sainte Aimée, la campagne est enneigée.

    Pensée du jour:

    Un poème et son auteur

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     Ma participation à "Mardi poésie" http://www.ma-chienne-de-vie.com/  

    Carnaval

    Venise pour le bal s'habille.
    De paillettes tout étoilé,
    Scintille, fourmille et babille
    Le carnaval bariolé.

    Arlequin, nègre par son masque,
    Serpent par ses mille couleurs,
    Rosse d'une note fantasque
    Cassandre son souffre-douleurs.

    Battant de l'aile avec sa manche
    Comme un pingouin sur un écueil,
    Le blanc Pierrot, par une blanche,
    Passe la tête et cligne l'oeil.

    Le Docteur bolonais rabâche
    Avec la basse aux sons traînés ;
    Polichinelle, qui se fâche,
    Se trouve une croche pour nez.

    Heurtant Trivelin qui se mouche
    Avec un trille extravagant,
    A Colombine Scaramouche
    Rend son éventail ou son gant.

    Sur une cadence se glisse
    Un domino ne laissant voir
    Qu'un malin regard en coulisse
    Aux paupières de satin noir.

    Ah ! fine barbe de dentelle,
    Que fait voler un souffle pur,
    Cet arpège m'a dit : C'est elle !
    Malgré tes réseaux, j'en suis sûr,

    Et j'ai reconnu, rose et fraîche,
    Sous l'affreux profil de carton,
    Sa lèvre au fin duvet de pêche,
    Et la mouche de son menton.

    Théophile Gautier


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  • Sainte Béatrice

    Dicton du jour:

    De sainte Béatrice la nuée assure six semaines mouillées.

    Pensée du jour:

    Un poème et son auteur

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     Ma participation à "Mardi poésie" http://www.ma-chienne-de-vie.com/  

    Robert Desnos est un poète français, né le 4 juillet 1900 à Paris et mort du typhus le 8 juin 1945 au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie à peine libéré du joug de l’Allemagne nazie.

    Autodidacte et rêvant de poésie, Robert Desnos est introduit vers 1920 dans les milieux littéraires modernistes et rejoint en 1922 l’aventure surréaliste.

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    A l'aube

     

     Le matin s’écroule comme une pile d’assiettes
    En milliers de tessons de porcelaine et d’heures
    Et de carillons
    Et de cascades
    Jusque sur le zinc de ce bistro très pauvre
    Où les étoiles persistent dans la nuit du café

    Elle n’est pas pauvre
    Celle-là dans sa robe de soirée souillée de boue
    Mais riche des réalités du matin
    De l’ivresse de son sang
    Et du parfum de son haleine que nulle insomnie ne peut altérer
    Riche d’elle-même et de tous les matins
    Passés présents et futurs
    Riche d’elle-même et du sommeil qui la gagne
    Du sommeil rigide comme un acajou
    Du sommeil et du matin et d’elle-même
    Et de toute sa vie qui ne se compte
    Que par matinées, aubes éclatantes
    cascades, sommeils,
    nuits vivantes

    Elle est riche celle-là
    Même si elle tend la main
    Et doit dormir au frais matin
    Dans sa robe crottée
    sur un lit de désert.

    Robert DESNOS Recueil : "Destinée arbitraire"      


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  •  

    Saint Gaston

    Dictons du jour:

    À la saint Gaston, surveille tes bourgeons.
    À la saint Gaston, bien souvent le temps n'est pas bon.

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    Pensée du jour:

    Un poème et son auteur

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     Ma participation à "Mardi poésie" http://www.ma-chienne-de-vie.com/  

    Percy Bysshe Shelley est l'un des plus grands poètes romantiques britannique: né près de Horsham (Sussex) le 4 août 1792 et mort en mer au large de Viareggio(Italie) le 8 juillet 1822.

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    Ode au vent d'ouest



    Ô sauvage vent d’ouest, souffle même de l’automne

    Âme sauvage qui te meus par tout l’espace
    Ô destructeur et vivificateur, écoute, ô écoute !
    Ô irrésistible ! — Si seulement
    Je pouvais redevenir ce que j’étais dans mon enfance,

    Camarade de ton vagabondage à travers l’espace,
    Alors que surpasser ta vitesse céleste
    Semblait à peine une folie, jamais je ne me serais débattu,

    Jamais Je ne t’aurais supplié comme je fais dans ma détresse,
    Oh ! soulève-moi comme une vague, comme une feuille, comme un nuage.
    Je m’affaisse sur les épines de la vie ! Je saigne !

    Le poids trop lourd des heures a paralysé, a courbé
    Un être qui te ressemblait trop, Indompté, rapide et fier.
    Fais de moi ta lyre, fais-moi chanter comme la forêt !
    Et quand bien même mes feuilles tomberaient comme tombent les tiennes !

    Le tumulte de tes puissantes harmonies
    Fera sortir de moi comme d’elle une musique profonde, automnale.
    Douce bien que si triste. Âme ardente,
    Sois mon âme ! sois moi-même, ô Impétueux.

    Shelley (1792-1822), poète anglais


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  • Sainte Marcelle

    Dicton du jour:

    Compte bien fin janvier, que tu as mangé la moitié de ton grenier.

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    Pensée du jour:

    Mon poème

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    L'orage !

    L'orage gronde et se déchaîne,

    Les éclairs sillonnent la plaine !

    Il tombe du ciel

    Une pluie torrentielle !

    Les vents dépouillent

    Les arbres de leurs feuilles

    Qui tourbillonnent a travers

    les rideaux de pluie !

    Il fait déjà presque nuit...

    Quant au clocher sonne midi !

    L'horizon au loin...s'éclaircit,

    L'orage et les vents sont partis.

    Dans l'air soudainement rafraîchit,

    Flotte un subtil parfum de nature ragaillardie !

    Michelle

     


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  • Sainte Martine

    Dicton du jour:

    Prends garde à la sainte Martine, car souvent l'hiver se mutine.

    Pensée du jour:

    Un poème et son auteur

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    Expression familière ou argotique du jour:

    "Une belle Pépé"

    Une jeune fille/femme (au physique agréable)

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     Ma participation à "Mardi poésie" http://www.ma-chienne-de-vie.com/  

     

     Quand vous serez bien vieille

     Pierre de Ronsard (1524-1585)

    Recueil : Sonnets pour Hélène (1578).

    Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
    Assise auprès du feu, devisant et filant,
    Direz chantant mes vers, en vous émerveillant :
    Ronsard me célébrait du temps que j'étais belle.

    Lors vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,
    Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
    Qui au bruit de mon nom ne s'aille réveillant,
    Bénissant votre nom de louange immortelle.

    Je serai sous la terre, et, fantôme sans os,
    Par les ombres myrteux je prendrai mon repos ;
    Vous serez au foyer une vieille accroupie,

    Regrettant mon amour et votre fier dédain.
    Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain ;
    Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.

    Pierre de Ronsard.



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