• Un poème et son auteur

    Bon mardi !

    Pensée du jour:

    Un poème et son auteur

    François Coppée
    1842 - 1908

     

    Le crépuscule est triste et doux comme un adieu

    Le crépuscule est triste et doux comme un adieu.
    A l'orient déjà, dans le ciel sombre et bleu
    Où lentement la nuit qui monte étend ses voiles,
    De timides clartés, vagues espoirs d'étoiles,
    Contemplent l'occident clair encore, y cherchant
    Le rose souvenir d'un beau soleil couchant.
    Le vent du soir se tait. Nulle feuille ne tremble,
    Même dans le frisson harmonieux du tremble ;
    Et l'immobilité se fait dans les roseaux
    Que l'étang réfléchit au miroir de ses eaux.
    En un parfum ému chaque fleur s'évapore
    Pure, et les rossignols ne chantent pas encore.

    Pour échanger tout bas nos éternels aveux,
    Chère, nous choisirons cette heure, si tu veux.
    Nous prendrons le chemin tournant de la colline.
    Mon front se penchera vers ton front qui s'incline ;
    Et nos baisers feront des concerts infinis,
    Si doux que les oiseaux, réveillés dans leurs nids,
    Trouveront la musique, à cette heure, indiscrète
    Et se demanderont quelle bergeronnette
    Ou quel chardonneret est assez débauché
    Pour faire l'amour quand le soleil s'est couché.

     


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    Mon poème


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  • François Édouard Joachim Coppée, né le 26 janvier 1842 à Paris où il est mort le 23 mai 1908, est un poète, dramaturge et romancier français.

    Coppée fut le poète populaire et sentimental de Paris et de ses faubourgs, des tableaux de rue intimistes du monde des humbles. Poète de la tristesse à la vue des oiseaux qui meurent en hiver, du souvenir d'une première rencontre amoureuse, de la nostalgie d'une autre existence ou de la beauté du crépuscule, il rencontra un grand succès populaire.

    Janvier

    François Coppée

    Songes-tu parfois, bien-aimée,
    Assise près du foyer clair,
    Lorsque sous la porte fermée
    Gémit la bise de l’hiver,

    Qu’après cette automne clémente,
    Les oiseaux, cher peuple étourdi,
    Trop tard, par un jour de tourmente,
    Ont pris leur vol vers le Midi ;

    Que leurs ailes, blanches de givre,
    Sont lasses d’avoir voyagé ;
    Que sur le long chemin à suivre
    Il a neigé, neigé, neigé ;

    Et que, perdus dans la rafale,
    Ils sont là, transis et sans voix,
    Eux dont la chanson triomphale
    Charmait nos courses dans les bois ?

    Hélas ! comme il faut qu’il en meure
    De ces émigrés grelottants !
    Y songes-tu ? Moi, je les pleure,
    Nos chanteurs du dernier printemps.

    Tu parles, ce soir où tu m’aimes,
    Des oiseaux du prochain Avril ;
    Mais ce ne seront plus les mêmes,
    Et ton amour attendra-t-il ?

    Un poème et son auteur

     


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    Pensée du jour:

    Un poème et son auteur

    Que j’aime le premier frisson d’hiver…

    Alfred de Musset

    Que j’aime le premier frisson d’hiver ! le chaume,
    Sous le pied du chasseur, refusant de ployer !
    Quand vient la pie aux champs que le foin vert embaume,
    Au fond du vieux château s’éveille le foyer ;

    C’est le temps de la ville. – Oh ! lorsque l’an dernier,
    J’y revins, que je vis ce bon Louvre et son dôme,
    Paris et sa fumée, et tout ce beau royaume
    (J’entends encore au vent les postillons crier),

    Que j’aimais ce temps gris, ces passants, et la Seine
    Sous ses mille falots assise en souveraine !
    J’allais revoir l’hiver. – Et toi, ma vie, et toi !

    Oh ! dans tes longs regards j’allais tremper mon âme
    Je saluais tes murs. – Car, qui m’eût dit, madame,
    Que votre coeur sitôt avait changé pour moi ?

    Alfred de Musset


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