• Bon mardi !

     

    Les Ours de l'abbaye d'Andlau

    L'abbaye d'Andlau, près de Barr en Alsace, doit, d'après la légende, son origine,vers (887) aux indications d'un ours, l'Impératrice Richarde, femme de Charles le Gros, voulait fonder un monastère de chanoinesses pour les filles de la noblesse de l'époque. Ayant prié sur le tombeau de Sainte Odile, elle eût une vision qui l'engageait à bâtir son monastère à l'endroit où elle verrait une Ourse avec ses petits.

    La légende indique qu'un jour où l'impératrice se promenait au bord du ruisseau de l'Andlau, elle vit un ours qui creusait une fosse dans la terre. La légende dit que c'était pour enterrer un ourson mort. Richarde décida d'ériger l'abbaye à cet endroit. En souvenir de l'origine du monastère, on entretenait ensuite dans l'enclos de l'abbaye un ou plusieurs ours. Chaque boulanger qui venait vendre du pain sur le marché de la ville était tenu de donner, chaque semaine, un pain pour nourrir l'animal. A la suite d'un accident où un enfant aurait été dévoré par l'un d'eux, les animaux furent remplacés par un ours sculpté en grès plus inoffensif.

    A l'heure actuelle, cet statue d'ours a été déposée dans la crypte de l'abbaye qui est située sur le trou supposé creusé par l'animal. De nombreuses sculptures, d'époques diverses, rappellent l'ours. La plus ancienne (1140) est certainement celle représentant un chevalier bravant un ours de l'épée qui se trouve sur une frise située sur un des murs de l'ancienne abbaye. L'édifice fut en partie reconstruit au (XVIIème siècle), on y retrouve tous les styles. D'époque Romane sont la crypte, le porche et les sculptures.

    Diapo: l'Abbaye d'Andlau

     

     

     


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  • Bonne semaine à tous ! 

    Les nains du Kerbholtz


    Dès le moyen-âge, les marcaires ont colonisé les crêtes vosgiennes. Mais les rigueurs du climat empêchaient un séjour hivernal. Traditionnellement, les troupeaux montaient à la saint Jean (24 juin) et redescendaient à la saint Michel (29 septembre).
    Pendant l'hiver, la ferme restait inoccupée, noyée sous un manteau de neige et de silence. Les fromages issus du lait de l'été y sont restés seuls. Par quel miracle, lorsque revient l'été, sont-ils devenus tout seuls ces chefs-d'œuvre de la gastronomie alsacienne ? Rien de miraculeux, rien que puisse expliquer la sèche biologie moderne. Dans les forêts et les escarpements du Kerbholz vivait un peuple de nains. Lorsque revenait l'hiver et que le marcaire abandonnait ferme et fromages, ce sont eux qui prenaient le relais pour surveiller, façonner, retourner, travailler... Et lorsque revenait le printemps, les nains repartaient dans leurs inexpugnables cachettes. Leur travail était terminé jusqu'à l'année suivante.
    C'est grâce à eux que le fromage de Munster s'est taillé une réputation internationale. Hélas ! Au siècle de la modernité, bien des fermes ont disparu, victimes des guerres ou des impératifs économiques. Les autres, transformées en restaurants, sont occupées toute l'année. Les fermiers font eux-mêmes leur fromage. Ils ont appris, grâce à des indiscrétions chez les nains. Mais du coup ceux-ci sont au chômage. Quand on se promène sur le promontoire du Kerbholz, où se déploie une vue admirable sur la crête des Spitzkoepfe, taillée dans le rocher d'un ciseau aigu, et sur la majesté du Hohneck, il faut prêter l'oreille. On entendra peut-être la complainte mélancolique de l'un des nains, qui chante sa déception de ne plus avoir sa place dans l'imaginaire de nos contemporains devenus trop cartésiens...
    Mais cette histoire est-elle vraiment imaginaire ? Elle est trop belle pour cela. Et si je vous disais que c'est un des nains qui me l'a racontée, ici, devant l'enchantement des montagnes. Restez-y un instant, et rêvez avec moi...

    Diapo: les Hautes-Vosges

     


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