• Bon dimanche !

     

    Le  coffre d'or du château de Dreistein

     

    Il y a quelques temps de cela, une jeune femme se promenait seule dans la forêt à la recherche de quelques champignons pour agrémenter sa pauvre soupe bien maigre. Ces yeux étaient fatiguées de discerner dans les hautes herbes, le peu de comestible dans cette année de sécheresse. Et au détour d'une petit haie, elle fut surprise de voir un bel homme, vêtu comme un prince, marcher galamment dans cette dense foret.

     -  'Ce doit être mes yeux trop fatigués qui me jouent des tours', se dit-elle.

     Elle dut sûrement prononcer sa phrase à haute voix, car la forme se retourna vers elle. Mais comme elle était mince comme une brindille, il fut impossible au galant de la voir. Il continua donc son chemin.

    - 'Ce serait amusant de le suivre, cela me ferait une histoire à raconter en rentrant', pensa-t-elle sans faire de bruit.

     Ce beau damoiseau semblait, non pas marcher, mais survoler le sol, tant-il était gracieux dans ses gestes. La damoiselle le suivait toujours à bonne distance pour ne pas attirer son attention. Elle s'éloignait de plus en plus de sa masure pour arriver proche des ruines du château de Dreistein. Et c'est à ce moment qu'elle vit briller de milles feux un coffre rempli d'or !

    En se redressant pour mieux voir, elle marcha sur une branche morte dont le craquement fit retourné le damoiseau. Confuse elle était, cela ne se fait pas pour une jeune vierge, de suivre un homme dans les bois. Mais le gentilhomme ne fut pas fâché, bien au contraire, il lui fit signe d'avancer pour voir le trésor. Elle s'exécuta car ce bel homme ne semblait pas dangereux.

     Curieusement, plus elle avançait et plus le damoiseau reculait dans la grotte sous la ruine castrale. Mais cela ne l'inquiétait pas, elle était hypnotisée par le coffret. Et le damoiseau disparu dans la nuit noire du sombre fond de cette grotte sans fin. 

     La jeune femme fut proche du coffre quand, soudain un gigantesque animal informe et féroce surgit du fond du noir néant. Le gentilhomme allait-il venir à son secours ?..... Hélas non. Les yeux du monstre décharné étaient menaçants. Sa mâchoire était gigantesque. Ses dents terrifiantes était pointées vers elle.

     Elle comprit rapidement que le monstre d'outre-tombe protégeait le trésor, et n'en voulait pas à sa chair. Elle comprit aussi que le damoiseau ne viendrait jamais à son secours. Elle décida de retourner dans le village pour en parler à son promis. Lorsqu'elle eut fini son récit, son futur mari lui dit :

     - "Comment as tu pu être aussi lâche" ?

     - "Mais...."

      - "Quelques pièces de ce coffre n'aurait pas été une perte pour son propriétaire, mais pour nous, cela aurait été le changement de notre vie" hurla-t-il !

     - "tu sais, je..."

     - "Et puis, qui te dit que ce chien était vraiment le gardien du coffre ?" pesta-t-il !

     - "Toi qui est si fort et si courageux, je t'accompagne et te montre l'endroit. Et seul tu iras quérir quelques piécettes"  lui susurra-t-elle.

     Ils partirent, lui d'un pas rapide, et elle d'une réserve de prudence. La déception du promis fut grande, point de gentilhomme, point de chien, et point de coffre. Même pas un écu sur le sol... Rien...

     L'énigme du coffre et du chien fit le tour de la région. tout le monde voulait sa part du butin, mais jamais, homme, chien ou coffre réapparut.

     

    Diapo: ruines du château de Dreistein

     


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  • Bon week end !

    La dame blanche du Haut-Koenigsbourg


    Evidemment, un château comme le Haut-Koenigsbourg ne pouvait pas se dispenser de sa dame blanche ! La légende dit que, toujours vêtue de blanc mais coupable d'une faute aussi grave qu'inconnue, elle vint hanter le château. La nuit de la Saint Sylvestre, elle en fait trois fois le tour et monte au donjon où elle contemple la plaine ; elle rit si l'Alsace connaît des jours heureux, pleure quand elle voit son pays dans le malheur et appelle sur lui la bénédiction divine.

    La demoiselle jaune


    En plus de sa dame blanche, le Haut-Koenigsbourg abrite une demoiselle vêtue d'une longue robe jaune. Elle vient au château vers midi mais seuls peuvent la voir les enfants nés un dimanche. Elle choisit une clé de son grand trousseau, ouvre une porte et montre les trésors du château. Celui qui voudra pourra se servir librement et délivrer la demoiselle à condition d'observer le silence le plus total. A ce jour, personne n'a pu éviter un cri d'émerveillement en découvrant le trésor, rompant le charme. Et la demoiselle hante toujours le château. Mais je ne peux pas vérifier, je suis né un mardi...

    Les géants du Haut-Koenigsbourg


    Trois géants habitaient, dit-on, le Haut-Koenigsbourg. Un jour, un tailleur égaré dans la forêt fut capturé par l'un d'eux qui se promit de le manger après qu'il leur eut taillé des habits, le menaçant d'autres représailles s'il ne travaillait pas bien. Mais les autres refusèrent de partager le produit de leur chasse ; le géant revint voir le tailleur mais ne le trouva plus. Il s'était bien caché près de la fenêtre, attendit que le géant s'approche et lui trancha la gorge puis le jeta dans le vide. Entendant du bruit, un autre géant arriva et subit le même sort. Epouvanté, le troisième s'enfuit et nul ne le revit jamais.

    Diapo: le château du Haut-Koenigsbourg

     


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  • Bon vendredi !

    Origine du Lac Blanc 


    Les rochers ruiniformes du lac Blanc, appelés "Château Hans" supportaient un chateau, dont le seigneur n'hésita pas à festoyer un Vendredi Saint, pour d'autres à la Toussaint, et à se répandre en blasphèmes face à ceux qui le lui reprochèrent. Aussitôt un gigantesque craquement retentit, et le château disparut dans un gouffre avec ses habitants ; à sa place, une eau noire envahit les lieux. Longtemps après, une colombe blanche survola le lac un matin de Pâques, et entraîna derrière lui des poissons : dès lors les eaux du lac devinrent claires et plus jamais on n'entendit les plaintes des malheureux engloutis.
      

    Autrefois le lac Blanc était gris et triste, aucune végétation ne poussait sur ses rives et la peste sévissait dans la vallée. On décida que pour conjurer le mauvais sort, il fallait offrir au lac la vie d'un enfant innocent. Or un jour, un aigle s'empara du fils d'un seigneur du Pflixbourg, dont le berceau se trouvait dans la cour du château et, malgré les efforts du seigneur, d'ailleurs brigand notoire, l'aigle lâcha l'enfant qui se noya dans le lac. Depuis ce jour, le lac a retrouvé sa pureté et le seigneur abandonna ses penchants mauvais.

    Diapo: le lac Blanc dans les Vosges

     


     


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  • Bon jeudi !

     

    Une école pour les sorcières

    Après cette histoire, sans doute commencez-vous à douter. Et si ces sorcières existaient vraiment ?

    Il existe même une école des sorcières ! Pour vous y rendre, rien de plus facile. Toutefois évitez d'y aller lors des solstices ou des équinoxes, car ces nuits et ces jours là s'y produisent d'étranges phénomènes et vous risqueriez, peut-être, de vous voir transformés en chat, en bouc ou, qui saît en âne.

    Alors écoutez bien. Au Nord de Saverne se trouve un joli village qui se nomme Saint-Jean-les-Saverne. Là, se situe une magnifique église romane où l'on conserve de superbe tapisserie qui ont déjà tenté, par le passé, bien des voleurs. Mais ces tapisseries sont toujours revenues dans ces lieux, et à chaque fois elles sont encore mieux gardées. Du village une route forestière grimpe au Mont-Saint-Michel. Faites bien attention, à un kilomètre environ de Saint-Jean  il vous faut emprunter un chemin sur votre gauche. Vous ne pouvez pas vous tromper. Il y a d'abord un panonceau qui vous indique le but, puis une barrière ouverte le jour et fermée la nuit.

    Au bout du chemin, vous allez, débouchez sur une chapelle, fort spacieuse, celle du Mont-Saint-Michel. Regardez bien sur votre droite de la porte latérale du petit sanctuaire! Vous verrez une sculpture qui reproduit la  tête d'un chat !

    Vous êtes en terre de sorcellerie. Il suffit de se rappeler que les sorcières se changent, avec facilité, en de nombreux animaux, dont le chat, pour échapper à la vigilance des humains. Il est ainsi arrivé qu'une sorcière, changée en chat, soit pourchassée par un voisin qui craignait pour son poulet sur la table. Avec un gourdin, il avait bien rossé la bête qui s'en est allée en miaulant abominablement.  Mais voilà que le lendemain matin, la meunière, que tout le monde soupçonnait d'ailleurs de pouvoirs magiques, n'arriva plus à se lever de son lit. Elle était couverte de bleus, comme si elle avait reçu une correction mémorable... La nouvelle fit vite le tour du village et plus d'un villageois fut persuadé que la meunière se transformait, la nuit venue, en un chat noir rodant partout pour jouer de vilains tours...

    Contournez la chapelle et allez au bout du plateau rocheux. Là, vous marcherez sur le roc de grès et apercevrez un vaste bassin entièrement taillé dans la masse. Trois marches permettent de descendre dans cette cuvette appelée "l'école des Sorcières". Vous y êtes! Imaginez que certaines nuits, quand les nuages sont particulièrement bas et noirs, une vingtaine de ces êtres faméliques est assis-là, sur le bord de la cuvette, les pieds pendant dans le bassin.

    Au centre s'active la sorcière qui enseigne. Elle sait bien des choses, mais la première leçon porte sur la maitrise du vol. Savoir voler sur un balai n'est pas chose aussi aisée que l'ont croit. C'est donc d'ici, roc d'envol, que nos sorcières vont faire leur premier essais. Elles vont chevaucher leur balai, se précipiter dans le vide et... voler au-dessus de la plaine pour gagner le Bastberg que l'on aperçoit au loin. Regarder dans le précipice donne déjà des sueurs froides.

    Mais vous n'êtes pas au bout de vos surprises ! Sous l'école, en fait sous le rocher, se situe une spacieuse grotte. Bien des détails notés par les archéologues y signalent une multitude d'aménagements. Ici vivaient aussi des ermites et d'aucuns pensent même qu'on y adorait des Dieux Païens, peut-être Mithra! Dans la paroi Nord-Ouest de la grotte, on découvre une ouverture étroite. C'est "l'Oeil" ou " Trou de la Sorcières". Lors des cours d'école, nos sorcières ont appris à passer par ce trou bien petit comparé à la taille humaine. L'exercice était important, car pour pouvoir entrer dans les maisons des hommes, dans les étables ou les granges, il leur fallait souvent passer par d'étroites fentes ou des portes à peine entrebaîllées. C'est ici encore que ces magiciennes confectionnaient leur philtres. Ceux qui rendaient malade ou amoureux, qui parfois empoisonnaient...

    Pour mettre fin aux méchantes actions de nos sorcières, des femmes et des hommes pieux ont construit une chapelle sur le haut-lieu.

    Diapo: Saint-Jean-les-Saverne

     

    Depuis, paraît-il, les sorcières ont disparu !


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  • Bon mercredi !

     

    La Rose d'Argent 


    Au coeur des montagnes vosgiennes de Sainte Marie aux mines, vivait un peuple entier de nains. Ces derniers avaient bâti une cité souterraine d’une beauté éblouissante.

    Cette ville de cristal et d’argent était une Porte permanente entre les deux mondes. Les nains creusaient la terre et côtoyaient les hommes à qui ils apprenaient les arts de la mine, de la forge et de l’orfèvrerie.

    Mais malgré la bonne entente entre humains et nains, le scepticisme et la méfiance commencèrent à grandir dans le coeur des hommes. Les disputes, les conflits et les jalousies se multiplièrent.

    Or, il advint qu’un jour, le Roi des Silberzwergen sortit de la montagne pour contempler le clair de lune du monde des humains. Près d’un ruisseau, il aperçut une jeune femme qui était la fille d’un riche mineur et qui venait à peine de sortir du cloître où des nonnes l’avaient élevée.

    La jeune demoiselle était d’une radieuse beauté et le roi des Nains en tomba éperdument amoureux. Il se révéla à elle pour lui confier son amour mais celle-ci fut effrayée de voir ce petit être informe, croyant avoir devant elle un de ces démons dont les bonnes soeurs lui avaient parlé. Elle s’enfuit sans dire un mot.

    Le Roi des Nains était pris d’une grande passion pour la demoiselle. Il tenta à maintes reprises de la séduire, la couvrant de cadeaux magnifiques. Mais celle-ci, terrorisée, s’enfuyait toujours.

    Fou d’amour, le Roi des nains ne savait plus quoi faire. Il finit par offrir à la jeune femme le plus merveilleux trésor qu’il possédait : la Rose d’Argent. C’était un objet unique et d’un grand pouvoir, fabriqué par les Anciens et la Déesse de la Lune. La Rose reposait au coeur de la cité souterraine et c’était elle qui reliait les deux mondes en permanence grâce à sa magie.

    Diapo: Sainte Marie Aux Mines



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