• Conte de Noël 2

    Bon mardi !

     Hans Trapp

     Autrefois, il y a de cela plusieurs siècles, au cœur de l'Alsace du nord vivait Jean de Trapp, un seigneur riche et puissant, en son château de Berwartstein. Débauché, assoiffé de pouvoir, violent, on le disait avoir pactisé avec Satan. Il n’avait de cesse que de s’en prendre à la ville de Wissembourg et à son abbaye, dont il avait réussi à s’emparer des richesses. L'impie fut sur le champ excommunié par le pape de l'époque. La population entière du pays le rejeta. Repoussé de toute part, et exclu du pays, il s'isola alors au sommet du Geisberg, aux portes de Wissembourg, trouvant gîte près de quelqu’étable ou grange ou dans les grottes des Vosges voisines.

    Sa rancœur fut immense et, ruminant de terribles vengeances, il se jeta encore avec plus d’ardeur dans le satanisme, au point de rêver de chair fraîche…. Il lui vint peu à peu une incontrôlable obsession de mordre à pleines dents dans un bras, une jambe, un dos ou une cuisse humaine!...

    A quelque temps de là il aperçut, non loin de la grotte où il séjournait alors, un jeune berger d'une dizaine d'années. L'horrible bonhomme se mit à baver à la vue de cette chair tendre et délicieuse. Il s'approcha sans bruit du pâtre, le transperça de sa rapière et le traîna sa dépouille jusqu'à son gîte sous un orage apocalyptique. Il le découpa en morceaux et se mit à les faire rôtir.

    Mais Dieu lui-même, qui ne pouvait rester insensible devant cette abomination, foudroya d’un geste d’un éclair vengeur le monstre cannibale et le transforma en épouvantail qui désormais hanterait nuitamment les forêts sombres et profondes des Vosges du nord à la recherche de quelque proie humaines dont l’âme ne serait pat tout à fait immaculée et qui ourdirait à la tombée de la nuit quelque mauvais coup…

    Prenez garde à vous, manants et chenapans, qui ourdissez quelque complot ou larcin, de ne pas tomber au détour d’un chemin creux, la nuit sur l’épouvantable épouvantail… Vous ne vous en sortiriez pas vivant ! Mais attentions à vous aussi, innocents et purs ! Ne vous promenez jamais seuls, la nuit, dans les monts alentours, car le légendaire Hans-Trapp adore la chair fraîche et tendre !

     


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  • Conte 1

    Bonne semaine à tous !

    Noël est exactement dans un mois, pour moi commence un blog en fête car les traditions en cette période sont nombreuses en Alsace.

    Pour débuter cette joyeuse période voici quelques jolis contes de Noël.

    Le Noël de chien perdu

     

     

     II faisait très froid, ce soir-là. Dans les maisons, les enfants étaient contents : cette nuit, le Père Noël allait leur apporter des jouets. C'est dommage, il n'y a pas de Père Noël pour s'occuper des animaux, et cette nuit, comme les autres nuits, Chien Perdu allait avoir très froid. Il marchait le long de la route, sans savoir où aller. Soudain, il aperçut une maison. Chien Perdu s'approcha et, sans faire de bruit, se glissa dans le garage. A peine était-il entré que quelqu'un vint fermer la porte, sans voir le chien caché derrière la voiture. Chien Perdu était content car il n'avait plus froid.

     

    Il se coucha pour dormir, mais, au bout d'un moment, de délicieuses odeurs vinrent lui chatouiller les narines. Il ne put s'empêcher de venir renifler sous la porte qui conduisait à la cuisine : là, tout près de lui, derrière la porte, on parlait, on riait, on mangeait. Chien Perdu aurait bien voulu faire partie de la fête, mais il savait qu'on ne voudrait pas de lui. Tristement, il revint se coucher derrière la voiture et essaya d'oublier qu'il avait très faim.
    Au bout d'un très long moment, Chien Perdu se rendit compte qu'il n'entendait plus de bruit. Il vint écouter près de la porte : non, vraiment, il n'y avait plus personne. Alors il se dressa sur ses pattes de derrière, appuya les pattes de devant sur la poignée de la porte, et entra dans la cuisine. Les habitants de la maison devaient être bien fatigués : ils étaient partis se coucher sans rien ranger. Sur la table, ils avaient laissé des assiettes avec des restes de dinde, des restes de bûche. Chien Perdu n'hésita pas : il posa les deux pattes sur la table et, à grands coups de langue, il nettoya les assiettes !
    Mais, tout à coup, crac ! Il fait tomber une assiette qui se casse en mille morceaux avec un bruit terrible. Pourvu qu'il n'ait réveillé personne ! Il écoute, il écoute... et il entend des pas. Son cœur se met à battre très fort : quelqu'un arrive, quelqu'un va le battre parce qu'il est entré sans permission et va le chasser dans la nuit froide. La lumière s'allume : un petit garçon regarde Chien Perdu et Chien Perdu regarde le petit garçon.

     - J'ai entendu du bruit, dit le petit garçon, j'ai cru que c'était le Père Noël, et c'était toi !
    Comment es-tu entré ? Tu es venu avec le Père Noël ?
    Le petit garçon va dans le salon et Chien Perdu se dépêche de le suivre. Là, au pied du sapin, il y a plein de cadeaux.
    - Je ne sais pas si tu es venu avec le Père Noël ou si tu es venu tout seul, lui dit le petit garçon en le caressant, mais je voudrais bien te garder. J'ai une idée, couche-toi là, au milieu des cadeaux, et sois sage !
    Le lendemain, le petit garçon se réveilla de bonne heure et vint frapper à la porte de ses parents. Ils auraient bien voulu dormir encore, mais il les embêta tellement qu'ils se levèrent. Ils descendirent tous ensemble au salon et virent Chien Perdu couché sous le sapin, au milieu des cadeaux.
    - D'où sort ce chien ? s'écria le papa.
    - J'espère qu'il n'a pas de puces ! s'exclama la maman.
    - Oh ! qu'il est beau ! s'écria le petit garçon. C'est un cadeau du Père Noël !
    Les parents voulurent chasser Chien Perdu, mais il les regarda d'un air si doux, si gentil qu'ils n'osèrent pas. Et puis, c'était un cadeau du Père Noël, et il ne faut jamais contrarier le Père Noël. C'est ainsi qu'une nuit de Noël, Chien Perdu retrouva une famille.

     


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  • Bon dimanche !

    Une dernière feuille d'automne 

      


    Dans le petit village de Ste-Monique tous les gens se tenaient par la main. Ils partageaient peines et joies. On disait même de ce village qu'il était le village de l'Amitié avec un grand A.

    Un jour, plus merveilleux que tous les autres, le soleil dansait dans le ciel et un vent tout doux et tout léger faisait valser les feuilles multicolores de l'automne. La journée s'annonçait si belle.

    Malheureusement, une mauvaise nouvelle planait dans le petit village de Ste-Monique malgré le beau temps. Catherine la cadette de la famille Duclos semblait paraît-il atteinte d'une maladie mystérieuse. Le docteur pensif ne trouvait aucune solution au problème de la petite Catherine, hélas!

    Mathieu adorait sa petite soeur de quatre ans et c'est avec beaucoup de chagrin qu'il la surveillait. Bien sur, les parents de Catherine étaient très inquiets.

    Un jour, plus inquiets que jamais, ils firent venir le docteur à la maison. Le docteur accourut très vite chez les Duclos.

    Mais il ne semblait trouver d'autres solutions. Il regardait Catherine et dit à ses parents: « Vous savez, chers amis, il me semble évident que Catherine est affectée d'une maladie très rare. Mais la médecine n'est pas encore à point pour trouver le remède efficace. Vous savez, Catherine, partira bientôt, j'en ai bien peur. Je crois même qu'elle partira à la tombée des si belles feuilles d'automne » les parents étaient atterrés par cette triste nouvelle.

    Cependant, Mathieu avait tout entendu de la conversation du docteur. Il avait tendu l'oreille près de la porte et se dit en lui-même: « Catherine ne partira pas, je la sauverai. » Plus décidé que jamais, Mathieu courut à la chambre de couture de sa maman. Il prit une grosse balle de laine, une grande aiguille...

     Que fera-t-il?

    Mathieu sortit par la porte de derrière en cachette et se rendit tout près d'un très bel arbre. « Oh » dit-il, j'ai oublié l'escabeau. Il se dépêcha d'aller la chercher et revint près de l'arbre. Il monta sur l'escabeau avec sa balle de laine et son aiguille...Et voilà ce que l'amour de Mathieu lui avait suggéré. Mais oui, attacher toutes les feuilles des arbres. Et de cette manière les feuilles resteraient attachées aux arbres et Catherine ne partira pas.

    Mathieu eut beau essayer, mais il y avait tant de feuilles qu'il désespérait. Mais une surprise l'attendait. La fée de l'amour lui apparut, l'embrassa et lui dit ceci: « Mathieu, tu aimes tellement ta petite soeur Catherine que mon coeur est attendri. Tes parents sont merveilleux et je sais que tous les enfants rêveraient d'avoir des parents comme eux. »

    Alors la fée de l'amour, de ses mains en forme de coeur dessina une feuille d'automne magique. Celle-ci préserverait les feuilles à Mathieu qu'il avait attachées avec tant d'amour.

    Ce fut vrai, la feuille magique avait laissé tomber toutes les feuilles sauf celles de Mathieu. Et par le fait même Catherine fut sauvée miraculeusement,

    Le docteur était stupéfait et si heureux. Les parents de Mathieu et Catherine pleuraient de bonheur. Et bien sûr les gens de Ste-Monique firent la fête.

    Catherine avait repris ses couleurs. Ses petites pommettes roses se dessinaient à nouveau. Tout son petit corps reprit vie. Oui, Catherine était vraiment sauvée. Et elle dit de sa voix douce: « Le petit Jésus m'a sauvé. » Et Mathieu répliqua, il a envoyé la fée d'amour et c'est mon secret, petite taquine »

    Le bonheur régna à nouveau dans le village. Tous les gens connurent l'histoire de Mathieu et ils furent si touchés. On en parla très longtemps de cette dernière feuille d'automne.

    Et voilà! N'oubliez jamais que l'amour peut faire gagner bien des batailles. Il suffit d'y croire aussi fort que Mathieu.

     


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  • Bon week end !

    Je suis absente ce week end, je vous retrouve lundi bonne visite chez moi

    La feuille de chêne et le gland

    "Pssst... !
    - Mmm... ?
    - He, pssst ! Le gland !
    - Qu'est-ce qu'elle veut la feuillette ?
    - Mais regarde-moi quand je te parle !
    Pshchitt. Le gland pivote sur lui-même.
    - Alors ? Tu ne remarques rien ? insiste la feuille de chêne dentelée.
    - Et que suis-je sensé remarquer ?
    - Tu ne vois donc pas ces petites tâches jaunes ici ?
    - Mmmmouais...
    - Et les grosses tâches brunes que j'ai là ?
    - Mmmmouais...
    - Quoi !? Mouais !? Je suis malade, couverte d'horribles tâches, et c'est tout ce que tu trouves à dire ?!!!
    - Mouais ! répond le gland moqueur.
    - Puis il fait volte-face : pschitt !"

    Le lendemain...
    "Pssst... !
    - Prout.
    - He, pssst, feuillette, tu boudes ?!
    - Re-prout.
    - Bon d'accord, je suis désolé... Tu m'écoutes feuillette ?
    - Et qu'est-ce qu'il me veut le gland ?
    - Et bien, c'est très curieux... Je me sens... comment dire... tout bizarre de la tige.
    - Ben voyons...
    - Attends, je te montre.
    Le gland pivote sur lui-même : pschitt-crac !
    - Aïe ! Tu vois, je crois que ma tige est en train de me lâcher.
    - Bien sûr, et moi j'ai attrapé la jaunisse !
    - Quoi !? Je me balance dans les airs à vingt mètre de haut, ma vie ne tient plus qu'à un fil, et c'est tout ce que tu trouves à dire ?!!!
    - Mouais !" répond la feuille en singeant le gland.
     Puis elle se remet à compter ses tâches.


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  • Bon vendredi !

    Comme nous sommes en automne, pour terminer cette série sur cette jolie saison, je vais vous raconter 3 petites histoires d'automne.


    Les jours raccourcissent mais le soleil chauffe et illumine la forêt. Les feuilles tombent et forment un tapis rouge et or. Un ru se dandine au pied des grands arbres qui en profitent pour admirer les bruns profond de leur troncs noueux. Le lieu est calme, serein même.

    Soudain une fée apparaît et de sa baguette anime ce monde. Des lutins arrivés de nul part jouent tout heureux. Des rires, des chants secouent la torpeur ... Des lapins curieux sortent de leur terrier et font des cabrioles. Le renard affamé les observe du coin de l’oeil. Une telle aubaine ne se renouvellera pas se dit-il, il les pourchassent mais la fée l’en empêche « Toi, le renard, tu te tiens tranquille, je t’ai apporté de quoi manger, alors laisse les lapins en paix, aujourd’hui c’est jour de fête » Le renard baisse la tête accablé et se réfugie dans sa tanière avec dans la tête, plein de ressentiments. Il se moque des cerfs que l’on entend au fond des bois. Ils font la cour à une biche effarouchée et c’est à qui prendra son cœur.

    La fée réveille les oiseaux et les farfadets. Regardez les, tous sérieux, certains ramassent du bois mort tandis que d’autres cueillent des champignons dans leur paniers. Ils sont pressés, la journée ne dure que vingt-quatre heures. Ils ont en charge d’allumer un grand feu et de faire la soupe pour tous et durer jusqu’au printemps. La vie est simple et heureuse, trop justement et cela déplait à la sorcière. Elle déteste les farfadets, les lutins et surtout la fée. De voir ce monde enchanté, la vrille de jalousie derrière sa fenêtre. Ce soir, elle sortira son balai et s’envolera à la recherche de plantes, de champignons pour en faire une mixture empoisonnée ...

    A la lueur de la lune, satisfaite de sa cueillette, la sorcière rend visite sur le retour au renard encore vexé de ne pas avoir pu chasser.

    Sorcière - Oh ! Le renard, j’ai appris que tu n’es pas content.

    Renard - C’est peu de le dire, aucun lapin aujourd’hui et tout ça, à cause de la fée.

    Sorcière - Je sais, je sais, c’est pourquoi, je suis là, tu pourras peut-être m’aider à me débarrasser de cette empêcheuse de tourner en rond.

    Renard - Je veux bien mais je n’ai ni baguette, ni de pouvoirs magiques.

    Sorcière - Moi j’ai, alors si tu veux bien, on monte un plan et on se débarrasse de tous ces idiots.

    Renard - Ok, je suis avec toi

    Le renard s’installe avec sorcière sur le balai et rentrent préparer leur méchanceté.

    Innocents de ce qui se prépare dans l’ombre, la fée, les animaux, les plantes, les lutins, farfadets s’organisent pour passer l’hiver ... Le vent s’est monté mais n’en ont cure, ils ont l’habitude de l’entendre souffler à cette période de l’année. Un vent long et plaintif qui arrache encore et encore les feuilles qui se meurrent au sol...Tout finir avant le lever du jour se disent-ils simplement...


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