• Bon mardi !

     

    Le fantôme du lavoir de Dangolsheim

    A Dangolsheim, tout petit village Alsacien, il existe au lavoir un fantôme prenant la forme d’un soldat romain. Et personne ne souhaite plus jamais le revoir. Un soir de 1914, alors que les habitants du village étaient réunis autour du lavoir pour discuter, ils entendirent du bruit dans le tunnel du lavoir. Celui-ci, disait-on, était un ancien souterrain romain, et personne ne savait où il menait. Une silhouette y apparut. C’était un soldat romain. Il traversa les barreaux qui barraient l’entrée du souterrain comme s’ils avaient été en coton, et s’immobilisa face aux villageois. Il leva le bras et salua en silence. Une larme coula de ses yeux. Puis, il fit demi-tour et disparut. Quelques semaines plus tard, la France entra en guerre. Alors les témoignages affluèrent, et on se souvint de ce fantôme romain qu’on avait aussi vu en 1870. Presque 30 ans plus tard, le fantôme revint. Il salua à nouveau silencieusement les Dangolsheimois, versa une larme et repartit. C’était en 1939 et depuis le mythe perdure…

    Le lavoir en grès visible aujourd'hui date du XIXe siècle.


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  • Les noyaux de cerises


    Un dimanche après-midi, jour de son anniversaire, un jeune garçon gardait les bêtes du garde-forestier près du Haut-Koenigsbourg. Comme il s'ennuyait, il décida de grimper les rochers, malgré la menace du garde, car personne ne les avait escaladés et n'avait pu redescendre vivant. Le garçon y parvint quand-même et trouva au sommet des noyaux de cerises dorés répartis en petits tas ; un noyau plus gros invitait à jouer aux billes, ce qu'il fit. A chaque fois qu'il touchait un tas, les noyaux roulaient sur une plate-forme dans les rochers. Quand il ne resta plus rien, il regarda vers le bas : un nain ramassa les noyaux qui devinrent des pièces d'or, les mit dans une bourse, eut une mine dépitée et disparut. Le garçon dégringola le rocher mais comprit qu'au lieu de jouer, il aurait mieux fait de garder le trésor tout de suite...

    Château du Haut-Koenigsbourg


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  • Bon jeudi !

    Château de Mosigkau.

    Ce petit château rococo a été construit comme résidence d'été entre 1752 et 1757  La princesse Anne-Wilhelmine d'Anhalt-Dessau (1715-1780), en hérite de son vivant en 1757 en tant qu'apanage. Elle fait dessiner les jardins à la française et arrange le château avec goût, où elle ne reçoit que des femmes, les hommes étant logés à part.

    Le château est aujourd'hui un musée. On y organise aussi des concerts et des expositions à l'orangerie. La grande galerie est la plus belle pièce du château avec de riches ornements de stuc et des tableaux tels que Zéphyr et Flore de Rubens, ou Le Prince d'Orange de Van-Dyck, ainsi que de maîtres flamands, italiens et allemands.


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  • Bon dimanche !

     

    Plante sacrée pour la plupart des anciennes peuplades de l'Europe, symbole de l'immortalité parce qu'il reste vert et vivant quand les arbres qui le portent semblent morts, le gui a toujours été étroitement mêlé à la magie et à la thérapeutique.


    Sa floraison a lieu en hiver et tombe au moment idéal pour les fêtes de Noël. Quand les druides le brûlaient en hommage aux divinités, ils en distribuaient aux assistants qui le suspendaient à leur cou en guise de protection, ou à l'entrée de leur maison... Ainsi, quand ils accueillaient des invités, ils les embrassaient dessous pour leur porter bonheur.

    Lorsque l'Eglise installa Noël à la place de la fête païenne du " Sol Invictis " (au IVe siècle), le gui fut évincé pour cause de lien avec ce rite païen. Et c'est le houx qui fut imposé à la place. Mais la tradition du gui ne fut pas stoppée pour autant, et aujourd'hui on s'embrasse toujours sous le gui, synonyme de porte-bonheur à Noël. Selon la tradition, quand le chef des druides coupait le gui avec sa serpe en or, il le recueillait dans un drap blanc en prenant bien soin qu'il ne touche pas terre et le trempait dans l'eau lustrale.

    De nos jours, suspendu à un lustre, il fait partie de l'ornement où l'on s'embrasse à Noël ou le Jour de l'An à minuit. Tout comme le gui, le houx est synonyme d'immortalité. La tradition remonte probablement aux Romains. Il était placé devant les églises puis emporté dans les maisons des paysans pour les protéger de la foudre et des sortilèges.

    Selon une ancienne légende galloise, la tradition du baiser sous le gui remonterait au roi Gwydyr. Ses trois filles étaient toutes fiancées. Leurs compagnons devant partir à la guerre, ils retrouvèrent leurs promises à l'ombre de vieux chênes chargés de gui sacré et leur demandèrent un gage d'amour. Chaque fille enleva une plume de paon ornant leurs cheveux pour l'offrir à son fiancé. " Encore ", réclamèrent les trois hommes. Alors, chaque fille enleva cette fois une branche de houx qui avait soutenu la plume de paon. " Encore " répétèrent les fiancés. Alors, n'ayant plus rien d'autre à leur offrir, les filles de Gwydyr accordèrent à leurs fiancés un baiser.


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  • Bon dimanche !

     

    La légende du sapin

    Le sapin est le seul arbre qui convienne à nos régions montagneuses. Voulez-vous savoir pourquoi ? C'est bien simple. On conte qu'autrefois, il y a fort longtemps, le diable, qui avait une famille nombreuse, résolut de goûter un peu les joies du silence et du calme et pour cela se mit en devoir d'expédier par le monde sa bruyante marmaille. Ce fut une vraie pluie de diablotins, il en tomba partout, sur la montagne comme dans la plaine et les crêtes du Jura en eurent bien leur part ...
    Mais les pauvres petits ne s'y trouvaient pas à leur aise. Bien qu'ils fussent accoutumés à la chaleur, le soleil les grillait sur les grands rochers nus. Ils commencèrent à gémir, à se plaindre, à pleurer, puis à crier, et finalement, n'y tenant plus, comme autant de Petits Poucets ils regagnèrent le foyer paternel.
    Cela ne faisait pas l'affaire du papa diable qui s'était bien vite habitué à la tranquillité. Il vint en personne, à la tête de la colonne, pour vérifier la chose. Il eut chaud comme les autres et fit pousser des buissons. Aussitôt accoururent des légions de chevreuils, de chèvres, de vaches, qui eurent vite fait de détruire les bourgeons, les feuilles et même les brindilles ...
    Le chef de famille n'avait pas prévu cela. Il fit pousser les noisetiers et les alisiers, qui étaient plus grands. Les vaches, les chèvres et les chevreuils ne touchèrent qu'à la base et se contentèrent seulement de regarder les hautes branches. Mais à la première averse, tout fut mouillé, trempé, inondé : diables, bêtes et rochers. Et quand il pleut dans ces montagnes, il fait froid et c'était un grelottement général.
    Le grand diable se gratta l'oreille, autant pour la réchauffer que parce qu'il était embarrassé. Il fit pousser les grands hêtres. Mais le temps avait passé vite, l'automne était là. Après quelques journées de pluie, le ciel s’éclaircit un soir et la gelée arriva. Le lendemain, les feuilles étaient dorées ; en quelques jours, elle furent toutes par terre. Les petits diables frétillaient dans ce tapis ; c'était moins dur que le rocher, le soleil n'était plus si chaud, bref, ils se trouvaient en paradis ! Hélas ! le bonheur n'est jamais de longue durée, et autrefois c'était comme maintenant. Voilà qu'un jour la neige se met à tomber. Les flocons, déliés comme des poussières, s'insinuent partout ; les diablotins pleurent de froid, se lamentent puis crient tellement que leur papa fait comme beaucoup de papas maintenant, il s'en va, les laissant maître de la place ! ...

    Il descend chez lui et réfléchit longuement.
    "Quand on sait bien ce que l'on veut, on trouve, dit-il ; il faut là-haut un arbre qui protège contre la chaleur, qui abrite de la pluie, qui retienne la neige, qui brave les rongeurs et les mangeurs d'herbe. Je crois que j'ai ce qu'il faut."
    Et il fit pousser le sapin sur toutes les montagnes à neige. Les mousses recouvrirent les rochers durs et les petits diables, bien au frais sur ce tapis, bien à l'ombre, bien à l'abri, s'amusèrent tellement qu'ils ne songèrent plus à ennuyer personne.
    Mais on voit tout de même que le sapin n'a pas la même origine que les autres arbres ; il n'a pas la majesté du chêne, la puissante ramure du noyer, la grâce du tilleul, la souplesse du bouleau, l'animation du peuplier. Sa forme conique, ses branches toujours hérissées et rudes au toucher, son feuillage de couleur sombre montrent que c'est un arbre du diable.

    Henri CORDIER, Au pays des sapins, 1925


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