• Bon jeudi !

     

    Une école pour les sorcières

    Après cette histoire, sans doute commencez-vous à douter. Et si ces sorcières existaient vraiment ?

    Il existe même une école des sorcières ! Pour vous y rendre, rien de plus facile. Toutefois évitez d'y aller lors des solstices ou des équinoxes, car ces nuits et ces jours là s'y produisent d'étranges phénomènes et vous risqueriez, peut-être, de vous voir transformés en chat, en bouc ou, qui saît en âne.

    Alors écoutez bien. Au Nord de Saverne se trouve un joli village qui se nomme Saint-Jean-les-Saverne. Là, se situe une magnifique église romane où l'on conserve de superbe tapisserie qui ont déjà tenté, par le passé, bien des voleurs. Mais ces tapisseries sont toujours revenues dans ces lieux, et à chaque fois elles sont encore mieux gardées. Du village une route forestière grimpe au Mont-Saint-Michel. Faites bien attention, à un kilomètre environ de Saint-Jean  il vous faut emprunter un chemin sur votre gauche. Vous ne pouvez pas vous tromper. Il y a d'abord un panonceau qui vous indique le but, puis une barrière ouverte le jour et fermée la nuit.

    Au bout du chemin, vous allez, débouchez sur une chapelle, fort spacieuse, celle du Mont-Saint-Michel. Regardez bien sur votre droite de la porte latérale du petit sanctuaire! Vous verrez une sculpture qui reproduit la  tête d'un chat !

    Vous êtes en terre de sorcellerie. Il suffit de se rappeler que les sorcières se changent, avec facilité, en de nombreux animaux, dont le chat, pour échapper à la vigilance des humains. Il est ainsi arrivé qu'une sorcière, changée en chat, soit pourchassée par un voisin qui craignait pour son poulet sur la table. Avec un gourdin, il avait bien rossé la bête qui s'en est allée en miaulant abominablement.  Mais voilà que le lendemain matin, la meunière, que tout le monde soupçonnait d'ailleurs de pouvoirs magiques, n'arriva plus à se lever de son lit. Elle était couverte de bleus, comme si elle avait reçu une correction mémorable... La nouvelle fit vite le tour du village et plus d'un villageois fut persuadé que la meunière se transformait, la nuit venue, en un chat noir rodant partout pour jouer de vilains tours...

    Contournez la chapelle et allez au bout du plateau rocheux. Là, vous marcherez sur le roc de grès et apercevrez un vaste bassin entièrement taillé dans la masse. Trois marches permettent de descendre dans cette cuvette appelée "l'école des Sorcières". Vous y êtes! Imaginez que certaines nuits, quand les nuages sont particulièrement bas et noirs, une vingtaine de ces êtres faméliques est assis-là, sur le bord de la cuvette, les pieds pendant dans le bassin.

    Au centre s'active la sorcière qui enseigne. Elle sait bien des choses, mais la première leçon porte sur la maitrise du vol. Savoir voler sur un balai n'est pas chose aussi aisée que l'ont croit. C'est donc d'ici, roc d'envol, que nos sorcières vont faire leur premier essais. Elles vont chevaucher leur balai, se précipiter dans le vide et... voler au-dessus de la plaine pour gagner le Bastberg que l'on aperçoit au loin. Regarder dans le précipice donne déjà des sueurs froides.

    Mais vous n'êtes pas au bout de vos surprises ! Sous l'école, en fait sous le rocher, se situe une spacieuse grotte. Bien des détails notés par les archéologues y signalent une multitude d'aménagements. Ici vivaient aussi des ermites et d'aucuns pensent même qu'on y adorait des Dieux Païens, peut-être Mithra! Dans la paroi Nord-Ouest de la grotte, on découvre une ouverture étroite. C'est "l'Oeil" ou " Trou de la Sorcières". Lors des cours d'école, nos sorcières ont appris à passer par ce trou bien petit comparé à la taille humaine. L'exercice était important, car pour pouvoir entrer dans les maisons des hommes, dans les étables ou les granges, il leur fallait souvent passer par d'étroites fentes ou des portes à peine entrebaîllées. C'est ici encore que ces magiciennes confectionnaient leur philtres. Ceux qui rendaient malade ou amoureux, qui parfois empoisonnaient...

    Pour mettre fin aux méchantes actions de nos sorcières, des femmes et des hommes pieux ont construit une chapelle sur le haut-lieu.

    Diapo: Saint-Jean-les-Saverne

     

    Depuis, paraît-il, les sorcières ont disparu !


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  • Bon mercredi !

     

    La Rose d'Argent 


    Au coeur des montagnes vosgiennes de Sainte Marie aux mines, vivait un peuple entier de nains. Ces derniers avaient bâti une cité souterraine d’une beauté éblouissante.

    Cette ville de cristal et d’argent était une Porte permanente entre les deux mondes. Les nains creusaient la terre et côtoyaient les hommes à qui ils apprenaient les arts de la mine, de la forge et de l’orfèvrerie.

    Mais malgré la bonne entente entre humains et nains, le scepticisme et la méfiance commencèrent à grandir dans le coeur des hommes. Les disputes, les conflits et les jalousies se multiplièrent.

    Or, il advint qu’un jour, le Roi des Silberzwergen sortit de la montagne pour contempler le clair de lune du monde des humains. Près d’un ruisseau, il aperçut une jeune femme qui était la fille d’un riche mineur et qui venait à peine de sortir du cloître où des nonnes l’avaient élevée.

    La jeune demoiselle était d’une radieuse beauté et le roi des Nains en tomba éperdument amoureux. Il se révéla à elle pour lui confier son amour mais celle-ci fut effrayée de voir ce petit être informe, croyant avoir devant elle un de ces démons dont les bonnes soeurs lui avaient parlé. Elle s’enfuit sans dire un mot.

    Le Roi des Nains était pris d’une grande passion pour la demoiselle. Il tenta à maintes reprises de la séduire, la couvrant de cadeaux magnifiques. Mais celle-ci, terrorisée, s’enfuyait toujours.

    Fou d’amour, le Roi des nains ne savait plus quoi faire. Il finit par offrir à la jeune femme le plus merveilleux trésor qu’il possédait : la Rose d’Argent. C’était un objet unique et d’un grand pouvoir, fabriqué par les Anciens et la Déesse de la Lune. La Rose reposait au coeur de la cité souterraine et c’était elle qui reliait les deux mondes en permanence grâce à sa magie.

    Diapo: Sainte Marie Aux Mines



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  • Bon mardi !

     

    Les Ours de l'abbaye d'Andlau

    L'abbaye d'Andlau, près de Barr en Alsace, doit, d'après la légende, son origine,vers (887) aux indications d'un ours, l'Impératrice Richarde, femme de Charles le Gros, voulait fonder un monastère de chanoinesses pour les filles de la noblesse de l'époque. Ayant prié sur le tombeau de Sainte Odile, elle eût une vision qui l'engageait à bâtir son monastère à l'endroit où elle verrait une Ourse avec ses petits.

    La légende indique qu'un jour où l'impératrice se promenait au bord du ruisseau de l'Andlau, elle vit un ours qui creusait une fosse dans la terre. La légende dit que c'était pour enterrer un ourson mort. Richarde décida d'ériger l'abbaye à cet endroit. En souvenir de l'origine du monastère, on entretenait ensuite dans l'enclos de l'abbaye un ou plusieurs ours. Chaque boulanger qui venait vendre du pain sur le marché de la ville était tenu de donner, chaque semaine, un pain pour nourrir l'animal. A la suite d'un accident où un enfant aurait été dévoré par l'un d'eux, les animaux furent remplacés par un ours sculpté en grès plus inoffensif.

    A l'heure actuelle, cet statue d'ours a été déposée dans la crypte de l'abbaye qui est située sur le trou supposé creusé par l'animal. De nombreuses sculptures, d'époques diverses, rappellent l'ours. La plus ancienne (1140) est certainement celle représentant un chevalier bravant un ours de l'épée qui se trouve sur une frise située sur un des murs de l'ancienne abbaye. L'édifice fut en partie reconstruit au (XVIIème siècle), on y retrouve tous les styles. D'époque Romane sont la crypte, le porche et les sculptures.

    Diapo: l'Abbaye d'Andlau

     

     

     


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  • Bonne semaine à tous ! 

    Les nains du Kerbholtz


    Dès le moyen-âge, les marcaires ont colonisé les crêtes vosgiennes. Mais les rigueurs du climat empêchaient un séjour hivernal. Traditionnellement, les troupeaux montaient à la saint Jean (24 juin) et redescendaient à la saint Michel (29 septembre).
    Pendant l'hiver, la ferme restait inoccupée, noyée sous un manteau de neige et de silence. Les fromages issus du lait de l'été y sont restés seuls. Par quel miracle, lorsque revient l'été, sont-ils devenus tout seuls ces chefs-d'œuvre de la gastronomie alsacienne ? Rien de miraculeux, rien que puisse expliquer la sèche biologie moderne. Dans les forêts et les escarpements du Kerbholz vivait un peuple de nains. Lorsque revenait l'hiver et que le marcaire abandonnait ferme et fromages, ce sont eux qui prenaient le relais pour surveiller, façonner, retourner, travailler... Et lorsque revenait le printemps, les nains repartaient dans leurs inexpugnables cachettes. Leur travail était terminé jusqu'à l'année suivante.
    C'est grâce à eux que le fromage de Munster s'est taillé une réputation internationale. Hélas ! Au siècle de la modernité, bien des fermes ont disparu, victimes des guerres ou des impératifs économiques. Les autres, transformées en restaurants, sont occupées toute l'année. Les fermiers font eux-mêmes leur fromage. Ils ont appris, grâce à des indiscrétions chez les nains. Mais du coup ceux-ci sont au chômage. Quand on se promène sur le promontoire du Kerbholz, où se déploie une vue admirable sur la crête des Spitzkoepfe, taillée dans le rocher d'un ciseau aigu, et sur la majesté du Hohneck, il faut prêter l'oreille. On entendra peut-être la complainte mélancolique de l'un des nains, qui chante sa déception de ne plus avoir sa place dans l'imaginaire de nos contemporains devenus trop cartésiens...
    Mais cette histoire est-elle vraiment imaginaire ? Elle est trop belle pour cela. Et si je vous disais que c'est un des nains qui me l'a racontée, ici, devant l'enchantement des montagnes. Restez-y un instant, et rêvez avec moi...

    Diapo: les Hautes-Vosges

     


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