• Bon jeudi !

    La demoiselle blanche de Carspach

    Il était une fois une belle jeune fille qui demeurait dans un château. Au cours d'une terrible nuit d'orage le château disparut complètement. Et depuis la demoiselle erre toutes les nuits dans les bois d'alentour.
    Parfois, elle vient chanter tristement au bord de la fontaine. Puis se tordant les mains de désespoir, elle s'avance jusqu'au pied de la madone, tombe à genoux et disparaît sous terre en un éclair.

    La journée, on peut entendre sa morne plainte : "O éternité, comme tu es longue, comme tu es longue..."

    Quelle grande faute a donc pu commettre cette jeune fille, pour que son château fût ainsi détruit, pour qu'elle-même soit encore condamnée à de tels tourments ? Nul ne le sait.

    Un jour, elle apitoya un homme de Hirtzbach, qui passait dans les parages, et le conduisit devant la lourde porte de fer d'un souterrain. Là, elle lui dit d'ouvrir, de pénétrer à l'intérieur, d'y prendre un trésor, sans craindre les animaux monstrueux qui en assuraient la garde : à lui, ils ne feraient aucun mal. Mais l'homme, pris de panique, s'enfuit aussitôt, cependant qu'un vent furieux s'élevait. La demoiselle blanche rattrapa le fugitif et, les larmes aux yeux, le supplia de s'emparer du trésor, après quoi elle serait délivrée de la malédiction qui pesait sur elle. Rien n'y fit. L'homme, de plus en plus épouvanté, s'échappa de nouveau.

    Alors, la malheureuse se lamenta : "Maintenant, je dois attendre encore une fois que pousse ici un tilleul et que l'on fasse un berceau de son bois. Seul le premier garçon qui y dormira aura le pouvoir de me délivrer, quand il atteindra l'âge de trente ans !"

     


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  • Bon mercredi !

    L'Ondine du Lac de la Largue

     

    A l'ère où la mer recouvrait, du moins encore en partie l'Alsace, un homme et son fils habitaient sur la colline du Buehlberg, au-dessus de l'emplacement de l'actuel Saint-Ulrich, village situé au sud de Dannemarie.
    Au pied de leur château s'étendait un lac. Et dans ce lac vivait une famille assez spéciale: des ondins et des ondines. L'une des filles se distinguait par sa grande beauté, par "ses yeux", qui ressemblaient à deux diamants et fascinaient ceux qui s'approchaient de l'eau. La nuit, quand elle venait sur les bords du lac, on les voyait de loin, ces deux yeux magnifiques qui brillaient, dans l'obscurité, d'un éclat incomparable, comme deux étoiles au firmament.

     

    Naturellement, tous les garçons d'alentour rêvaient de l'ondine aux yeux "étoilés". Mais, pour conquérir la belle, il fallait la séduire, ou alors la capturer, et, donc s'aventurer sur les eaux profondes et dangereuses de son domaine. Et chacun, à défaut de pouvoir contempler à son aise les yeux de l'ondine merveilleuse, se contentait de regarder le ciel et les étoiles…

     

    Le plus amoureux de tous ces soupirants transis était le fils du pêcheur… chevalier de la gaule. Un jour, n'y tenant plus, il se fabriqua une sorte de barque. Et, vogue la galère! Il partit à la conquête de la belle ondine. Il finit par la rencontrer, mais elle s'enfuit à son approche. Il la poursuivit, la rattrapa et une lutte s'engagea. Hélas, au cours de celle-ci, le garçon sans le vouloir, perça de son trident les yeux ensorceleurs.

    Il n'eut pas le temps de s'apitoyer : déjà, le père ondin, rempli de colère, s'élançait dans l'eau pour venger sa fille. Il nagea si furieusement qu'il souleva une terrible tempête dont les hautes vagues brisèrent la digue du lac. Alors, les flots tumultueux s'écoulèrent rageusement vers l'Ouest, franchirent la Trouée de Belfort, envahirent la vallée du Doubs et gagnèrent la Méditerranée. Depuis cet exploit, digne des Titans, la Largue coule doucement dans son aimable vallée sundgauvienne, que noyaient jadis les eaux du lac. Il paraît qu'en prêtant l'oreille, on entend, parfois, la gentille rivière murmurer une chansonnette où revit le souvenir de la belle ondine aux yeux brillants comme des étoiles.

     

     


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  • Bon mardi !

    La sorcière de Koestlach

    Une vieille sorcière vivait à Koestlach. Elle avait à son service une jeune fille de toute beauté qu’elle exploitait sans vergogne. Il n’était pas rare que la belle servante se couche après minuit tant elle était accablée de travail. Aussi a-t-elle été très étonnée qu’un soir la vieille sorcière lui demande de se coucher de bonne  heure.

    Peu habituée à être au lit de si bonne heure, elle ne pouvait pas trouver le sommeil quand tout à coup elle entendit le bruit d’un bourdonnement provenant d’une pièce à côté. Poussée par la curiosité, elle regarda par le trou de la serrure et découvrit un spectacle surprenant :  de grands bouchons de paille surmontés de têtes humaines étaient assis en ronds et elles filaient du lin tant qu'ils pouvaient…

    Atterrée par le spectacle qu’elle venait de voir, elle réclama ses gages et sa liberté à la vieille sorcière dès le lendemain. Cette dernière, se doutant que la belle servante avait vu quelque chose, lui fit promettre de ne jamais parler de ce qui s’était passé le soir précédant. La servante, encore terrorisée, fit la promesse et s’en alla.

    Deux années plus tard, la jeune fille, pensant sans doute que le temps avait atténué la portée de sa promesse, confia le secret à l'une de ses amies.

    Dès le lendemain, elle se retrouva clouée au lit, tous les membres de son corps enflé et douloureux. Son calvaire dura des semaines.

    Un jeune garçon de Koestlach revenait d’un voyage à l’étranger. Tandis qu’il traversait une forêt du Sundgau, il entendit un rire sinistre provenant d’une clairière au loin. Il s’en approcha discrètement pour constater qu’il s’agissait de sorcières qui tenaient réunion. Et c’est ainsi qu’il entendit la vieille sorcière de Koestlach se vanter du maléfice qu’elle faisait subit à son ancienne servante et expliquer à ses consoeurs comment s’en défaire…

    Il courut au village pour sauver la belle servante qu’il savait fort belle au demeurant. Il devait lui faire prendre un bain de pieds avec le lait des trois plus vieilles vaches noires de Koestlach, ce qui fût fait séance tenante.

    La belle ainsi sauvée devint sa femme. Ils s'aimèrent longtemps et eurent beaucoup d'enfants.

    Quant à la vieille sorcière…, elle en mourut de dépit.


     


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  • La rose d'argent

    Au coeur des montagnes vosgiennes de Sainte Marie aux mines, vivait un peuple entier de nains. Ces derniers avaient bâti une cité souterraine d’une beauté éblouissante.

    Cette ville de cristal et d’argent était une Porte permanente entre les deux mondes. Les nains creusaient la terre et côtoyaient les hommes à qui ils apprenaient les arts de la mine, de la forge et de l’orfèvrerie.

     Mais malgré la bonne entente entre humains et nains, le scepticisme et la méfiance commencèrent à grandir dans le coeur des hommes. Les disputes, les conflits et les jalousies se multiplièrent.

     Or, il advint qu’un jour, le Roi des Silberzwergen sortit de la montagne pour contempler le clair de lune du monde des humains. Près d’un ruisseau, il aperçut une jeune femme qui était la fille d’un riche mineur et qui venait à peine de sortir du cloître où des nonnes l’avaient élevée.

     La jeune demoiselle était d’une radieuse beauté et le roi des Nains en tomba éperdument amoureux. Il se révéla à elle pour lui confier son amour mais celle-ci fut effrayée de voir ce petit être informe, croyant avoir devant elle un de ces démons dont les bonnes soeurs lui avaient parlé. Elle s’enfuit sans dire un mot.

     Le Roi des Nains était pris d’une grande passion pour la demoiselle. Il tenta à maintes reprises de la séduire, la couvrant de cadeaux magnifiques. Mais celle-ci, terrorisée, s’enfuyait toujours.

     Fou d’amour, le Roi des nains ne savait plus quoi faire. Il finit par offrir à la jeune femme le plus merveilleux trésor qu’il possédait : la Rose d’Argent. C’était un objet unique et d’un grand pouvoir, fabriqué par les Anciens et la Déesse de la Lune. La Rose reposait au coeur de la cité souterraine et c’était elle qui reliait les deux mondes en permanence grâce à sa magie. Mais une nouvelle fois, la jeune fille refusa les avances du nain. Elle s’enfuit en criant des paroles blessantes au roi qui lui tendait la Rose dans un geste de supplication.

     En chemin, elle eut un terrible accident : elle trébucha sur la racine d’un arbre dans l’obscurité de la nuit et tomba dans la rivière. Ne sachant pas nager, elle se noya.

     Le roi des nains éprouva un immense chagrin après avoir appris la noyade de la jeune fille. Il retourna dans la montagne et fit écrouler toutes les galeries des mines derrière lui. De part ses pouvoirs magiques, les mineurs de la Vallée de Sainte Marie aux mines ne parvinrent plus jamais à découvrir les filons d’argent ou d’or qui circulaient sous la montagne. Le roi, toujours malheureux, prit la Rose magique et partit au loin, dans les régions à l’est du Waldwelt.Cet épisode malheureux eut de grandes répercussions dans le Waldwelt : en l’apprenant, ses habitants sentirent qu’il n’était plus possible d’entretenir des relations avec les humains si ceux-ci les fuyaient. Partout, fées, elfes, nains, lutins disparurent peu à peu et ne laissèrent leurs empreintes qu’à travers les légendes et les contes de toute sorte.

    Le roi des Nains quant à lui parvint dans son pays natal, dans les montagnes qui surplombaient le château de La Licorne et la Forêt des Ténèbres. Là, il fit cadeau de la Rose à la Dame à la Licorne et cette reine des Elfes accepta la garde du trésor qu’elle jeta dans le puit profond de sa demeure. Le nain malheureux partit retrouver ses chères montagnes et mourut de chagrin

     

     


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  • Origine de la bûche de Noël

    Bon week end !

    L'origine de la bûche de Noël

      La coutume d'allumer une bûche à Noël, dans l'âtre, remonte à très longtemps et existait dans toute l'Europe. On dit que le feu produit par la bûche est un hommage au soleil. Ce geste cérémoniel serait dérivé de diverses célébrations païennes associées au solstice d'hiver.


    À l'origine, il s'agissait d'une bûche qui devait brûler du 24 décembre jusqu'au Nouvel An. Allumée dans la pièce à vivre, elle apporte chaleur et lumière à la veillée. On devait choisir une très grosse bûche de bois dur ou une vielle souche et provenant de préférence d'un arbre fruitier. La bûche devait être coupée avant le lever du soleil. La bûche était souvent décorée de rubans. On la portait ensuite dans la grande pièce familiale avec un grand cérémonial.


    En France la coutume dit qu'on doit placer dans l'âtre autant de bûches qu'il y a d'habitants dans la maison. Le chef de famille bénissait la bûche avec de l'eau et du sel et parfois avec du vin.


    Il fallait s'occuper des bûches avec les mains; aucun instrument ne pouvant s'approcher du feu. Si le feu faisait beaucoup d'étincelles, on disait que la moisson de l'été suivant serait bonne. Si la lumière faisait projeter des silhouettes sur le mur, on disait qu'un membre de la famille allait mourir au cours de l'année.

    Les cendres de la bûche étaient précieusement conservées contre les orages, pour guérir certaines maladies et pour fertiliser les terres.


    C'est pour continuer à célébrer ce rituel, que la bûche de Noël a vu le jour sous la forme d'un délicieux dessert qui aurait été inventé par un pâtissier en 1945.


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