• Bon mardi !

     

    Ma participation au "Poème du mardi" chez Lady Marianne: http://www.ma-chienne-de-vie.com/

     

    Mon rêve familier

    Paul Verlaine.

    Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
    D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
    Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
    Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

    Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
    Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
    Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
    Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

    Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
    Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
    Comme ceux des aimés que la Vie exila.

    Son regard est pareil au regard des statues,
    Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
    L'inflexion des voix chères qui se sont tues.


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  • Bonne semaine à tous !

     

    Où l'on apprend qu'il ne faut pas laisser traîner ses tableaux n'importe où.

     

    1866. Dans son atelier, le jeune Monet travaille avec acharnement. Depuis des mois, il poursuit un objectif : terminer à temps un immense tableau de 4 mètres sur 6 pour une exposition de peinture.
    L’œuvre doit absolument y être remarquée car Monet a besoin de se faire connaître !

    Aujourd’hui, il ne reste que des fragments de cette toile. Que lui est-il arrivé ?

    Claude Monet, Le Déjeuner sur l’herbe (deux fragments), 1865-1866,
    huile sur toile, 2,48 x 1,17 m, Musée d’Orsay, Paris

    Monet accordait pourtant beaucoup de valeur à son Déjeuner sur l’herbe.
    Le thème, déjà, annonce la couleur...
    Il reprend en effet le titre du tableau de Manet qui a fait scandale trois ans plus tôt.
    C’est à la fois un hommage et un défi lancé à ce prestigieux prédécesseur !
    Monet peint lui aussi des jeunes gens de la bonne société en train de pique-niquer.
    Il veut donner l’impression d’une scène prise sur le vif.

    Mais à quelques mois de la date butoir, Monet est découragé.
    Les premiers avis sont peu enthousiastes. Et surtout, il a bien du mal à rendre
    un effet d’instantané sur un si grand format. Il a été trop ambitieux !

    Il finit par abandonner la toile. Et des années plus tard, il est même contraint
    de la laisser en gage pour éponger ses dettes.

    En 1884, devenu enfin célèbre, il parvient à racheter la toile de sa jeunesse.
    Seulement, entre-temps, on l’avait roulée dans une cave et laissée à l’abandon.
    Lorsqu’il la retrouve, Monet est atterré. Le tableau est en grande partie moisi.

    Monet découpe les zones touchées et ne parvient à sauver que trois fragments.
    Impossible d’en garder davantage !

    Quant aux fragments, deux sont aujourd'hui exposés au musée d'Orsay,
    le troisième a disparu...


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  • Bon dimanche !

     

    Le cheval et le loup.

    Un certain loup, dans la saison
     Que les tièdes zéphyrs ont l’herbe rajeunie,
     Et que les animaux quittent tous la maison
    Pour s’en aller chercher leur vie, 
     Un loup, dis-je, au sortir des rigueurs de l’hiver,
     Aperçut un cheval qu’on avait mis au vert.
     Je laisse à penser quelle joie.
      » Bonne chasse, dit-il, qui l’aurait à son croc !
     Eh ! que n’es-tu mouton ! car tu me serais hoc,
     Au lieu qu’il faut ruser pour avoir cette proie.
     Rusons donc.  » Ainsi dit, il vient à pas comptés ;
     Se dit écolier d’Hippocrate ;
    Qu’il connaît les vertus et les propriétés
    De tous les simples de ces prés ;
    Qu’il sait guérir, sans qu’il se flatte,
    Toutes sortes de maux. Si dom Coursier voulait
    Ne point celer sa maladie,
    Lui loup gratis le guérirait ;
     Car le voir en cette prairie
     Paître ainsi, sans être lié,
     Témoignait quelque mal, selon la médecine.
     » J’ai, dit la bête chevaline,
     Une apostume sous le pied.
     Mon fils, dit le docteur, il n’est point de partie
     Susceptible de tant de maux.
     J’ai l’honneur de servir Nos seigneurs les Chevaux
     Et fais aussi la chirurgie. « 
     Mon galand ne songeait qu’à bien prendre son temps,
     Afin de happer son malade.
     L’autre, qui s’en doutait, lui lâche une ruade,
     Qui vous lui met en marmelade
     Les mandibules et les dents.
      » C’est bien fait, dit le loup en soi-même fort triste ;
     Chacun à son métier doit toujours s’attacher.
     Tu veux faire ici l’arboriste,
     Et ne fus jamais que boucher.  » 

    Moralité: Chacun à son métier doit toujours s'attacher.


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  • Bon week end !

     

    Le cerf se voyant dans l'eau.

    Dans le cristal d'une fontaine
    Un Cerf se mirant autrefois
    Louait la beauté de son bois,
    Et ne pouvait qu'avec peine
    Souffrir ses jambes de fuseaux,
    Dont il voyait l'objet se perdre dans les eaux.
    Quelle proportion de mes pieds à ma tête !
    Disait-il en voyant leur ombre avec douleur :
    Des taillis les plus hauts mon front atteint le faîte ;
    Mes pieds ne me font point d'honneur.
    Tout en parlant de la sorte,
    Un Limier le fait partir ;
    Il tâche à se garantir ;
    Dans les forêts il s'emporte.
    Son bois, dommageable ornement,
    L'arrêtant à chaque moment,
    Nuit à l'office que lui rendent
    Ses pieds, de qui ses jours dépendent.
    Il se dédit alors, et maudit les présents
    Que le Ciel lui fait tous les ans.
     
    Ce Cerf blâme ses pieds qui le rendent agile ;
    Il estime un bois qui lui nuit.

    Moralité: Nous faisons cas du Beau, nous méprisons l'Utile ;
              Et le Beau souvent nous détruit.


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  •  

    A Strasbourg, Batorama a ressorti son brise-glaces depuis une semaine. Le matin et l'après-midi, ce petit remorqueur à coque renforcée se fraie un passage au Port du Rhin. Il casse une couche de glace d'une dizaine de centimètres pour permettre aux embarcations de continuer à naviguer. Le brise-glace, baptisé "le Rhin", a 87 ans. Et le moteur est d'origine.

     


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