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    Il s'agit d'une belle sonnerie de cloches, l’une des plus grandes de France, considérée par de nombreux experts campanologues comme l’une des plus parfaites en Europe. Le grand bourdon (la cloche des morts) est coulé en 1427 par maître Hans Gremp de Strasbourg. Pesant environ neuf tonnes, le bourdon sonne en la bémol 2 et est classé monument historique depuis le 30 décembre 1982 à titre d’objet. Entre 1975 et 1977, Mgr Pierre Bockel étant archiprêtre de la Cathédrale, et l’Abbé Jean Ringue, campanologue du diocèse de Strasbourg, sept nouvelles cloches sont coulées par la fonderie de Heidelberg. Accordées parfaitement, tant entre elles qu’avec le grand bourdon, les nouvelles cloches sonnent en si bémol 2, ré bémol 3, mi bémol 3, fa 3, la bémol 3, si bémol 3 et do 4. En 1987, une nouvelle cloche, coulée à Karlsruhe, est installée au beffroi, sonnant en sol bémol 3. En 1993, une petite cloche la bémol 4, également coulée à Karlsruhe, est montée dans la tour de croisée, bientôt rejointe par une cloche mi bémol 4, coulée à Karlsruhe en 2004. La cloche mi bémol 3 s'est fêlée au printemps 2006 et a été refondue par André Voegelé à Strasbourg la même année.

    Le beffroi abrite encore une autre cloche de volée, la Torglocke, aujourd'hui appelée  (cloche de dix heures). Elle fut coulée en 1786 par Matthieu Edel et sonnait matin et soir, l’ouverture et la fermeture des portes de la ville et le couvre-feu. De nos jours, cette tradition est perpétuée quotidiennement à vingt-deux heures.

    les cloches de la Cathédraleles cloches de la Cathédrale

     


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  • Une autre légende explique l'origine du vent soufflant autour de la cathédrale. Autrefois, le Diable survolait la terre, en chevauchant le vent. Il aperçut ainsi son portrait sculpté sur la cathédrale, sous l'apparence du Tentateur, courtisant les Vierges folles (Matthieu 25, 1-13). Il est représenté sous les traits d'un jeune homme séduisant dont le dos s'ouvre : on en voit sortir des crapauds et des serpents, mais aucune des jeunes filles naïves auxquelles il s'adresse ne le remarque. Très flatté et curieux, il entra dans la cathédrale pour voir si d'autres sculptures le représentaient à l'intérieur.
    La véritable apparence du Tentateur.Retenu prisonnier dans le lieu saint, le Diable ne put en ressortir. Le vent l'attend toujours sur le parvis et hurle aujourd'hui encore d'impatience sur les places autour de la cathédrale. Le Diable, furieux, fait le courant d'air, au fond de l'église, à la hauteur du pilier des anges.

     


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  • La cathédrale a été bâtie sur d'immenses pilotis en chêne plantés dans la nappe phréatique sur ordre de l'évèque Wernher qui voulait que la cathédrale soit construite à l'endroit précis ou les premiers chrétiens avaient priés. Ces fondations uniques au monde ont débuté en 1015 pour s'achever en 1028 ! Lors des travaux de régularisation du Rhin par l'ingénieur badois Tula au XIXe siècle, le niveau de la nappe phréatique baissa. Les pilotis se mirent à pourrir et la tour Nord commença à s'affaisser. En 1906, il fallut la soulever pour injecter du béton sous ses fondations.

    Depuis longtemps le bruit courait qu'il existait sous la cathédrale un lac immense, mais personne ne voulait y croire. Ce lac souterrain, disait-on, serait abrité par une voûte immense sur laquelle reposerait l'ensemble de la construction.

    Il fallut attendre la découverte d'un bien étrange document pour relancer toute l'affaire. Ce texte donnait des explications troublantes sur l'existence d'un passage permettant d'arriver jusque sur les berges de ce lac. L'entrée se trouvait dans une maison située en face de la cathédrale soit dans l'ancienne pharmacie du Cerf (aujourd'hui la boutique culture) ou la maison juste à côté (photo ci-dessous), dans l'histoire on entend parler de ces deux bâtiments, on ne sait pas exactement aujourd'hui dans quel bâtiment se trouve l'entrée.

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    Il fallait descendre dans la cave de cette maison chercher une lourde porte fermée par des serrures. Tout cela était si troublant qu'un groupe de bourgeois décida d'aller vérifier les dires du document.

    La poignée de ces hommes courageux trouva bien la porte au fond de la cave. Avec beaucoup de peine, grâce à l'adresse d'un serrurier, il fut possible d'ouvrir le gros battant. Un vent violent sortit par l'ouverture et toutes les lanternes furent soufflées. Ils furent plongés dans l'obscurité. A tâtons, munis de longues perches, quelques-uns se mirent à fourrager dans ce goulet ouvert et obscur pour tenter de déceler un escalier, un puits. Mais très vite, les plus téméraires renoncèrent car du trou obscur montaient d'étranges bruits, des halètements, des cris étouffés, des plaintes humaines. On remonta vite à l'air libre.  

    La porte n'avait pas été refermée à clef et à quelques temps de là, un autre groupe décida de tenter l'aventure. Depuis quelques jours une pluie violente s'abattait sur Strasbourg et quand les téméraires explorateurs ouvrirent à nouveau la porte, ils virent surgir des dizaines de serpents énormes, des lézards hideux et des crapauds qui semblaient fuir l'inondation. Il fallut prendre immédiatement des mesures de sauvegarde pour faire face à cette invasion monstrueuse.

     

    La porte fut murée et on plaça devant une palissade pour bien la cacher. Un maçon fut même mandaté pour surveiller la cave et y entreprendre tout travail qui paraîtrait nécessaire en vue d'assurer la sécurité des lieux.

     

    L'histoire était bien connue de tous les Strasbourgeois. Deux compagnons, sans doute plus courageux que d'autres, décidèrent de reprendre l'exploration car ils étaient persuadés que ce couloir conduisait à une chambre où reposait, depuis la nuit des temps, un trésor fabuleux. Sans prévenir qui que ce soit, ils pénétrèrent dans la cave, arrachèrent palissade et mur, pour finalement enfoncer la porte. Par la brèche ouverte, ils se glissèrent dans le couloir. Leurs lampes tempête leur permirent de progresser rapidement.

     

    Ils arrivèrent finalement au bord d'un vaste lac abrité sous une immense voûte. La légende avait donc dit la vérité. Une étrange barque glissait silencieusement sur l'eau, conduites par des êtres qui ressemblaient plus à des fantômes qu'à des humains ! Ils émanaient d'eux une lueur blafarde, à faire peur. Plusieurs canaux débouchaient dans le lac et l'un d'eux se dirigeait jusqu'au puits des Pêcheurs qui, à l'époque de cette aventure existait encore à la hauteur de l'actuelle place Gutenberg.

     

    Soudain, la barque se dirigea vers les deux intrus. Les étranges marins se mirent à émettre un sifflement si strident que nos lascars crurent leur dernière heure venue. Ils remontèrent à toute vitesse le passage, refermèrent la brèche et longtemps ne parlèrent de leur aventure à personne. Ce n'est que sur son lit de mort que l'un d'eux confia son secret à des parents grâce auxquels le mystère du lac souterrain sous la cathédrale nous est parvenu.

     

    Les gens du peuple assimilaient ce lac d'épouvante à la représentation de l'enfer. Il paraît qu'en parcourant à minuit la place du Château et les environs directs de la Cathédrale, on peut toujours entendre des rumeurs inquiétantes, des bruits de vagues et de rames, venus des profondeurs.

     

    Ce lac sous la cathédrale est aussi connu pour la chute d'un soldat français au fond du gouffre.
    Citons M.-Cl. Groshens et M.-N. Denis, dans "Récits et Contes populaires d'Alsace" : «Ce soldat se serait fait fort devant la population terrifiée de son projet téméraire, d'y descendre et de rejoindre le souterrain. La légende relate d'abord ses éclats de rire, son enthousiasme: "Je me promène en barque .. je vois des choses que personne n'a jamais vues..."»

     

    Puis vinrent des plaintes et des appels à l'aide, audibles presqu'en même temps, aux différents coins de la cour du Château (Fronhof ou coin des corvées), comme si le soldat était pris dans des remous extrêmement rapides. Tous les secours furent vains.

     

    Le soir du deuxième jour, les clercs et gardiens de la cathédrale entendirent ces mots: «Bouchez le puits, au nom du ciel, pour qu'aucun homme ne fasse ce que j'ai fait». Un prêtre récita les prières devant l'ouverture du puits que l'on décida de boucher le plus vite possible. C'est la voix de ce jeune imprudent qu'on entend venir du souterrain, quand on passe la nuit près de la cathédrale.

     

     

     

     

     


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     Le pilier des Anges, haut de 18 mètres et décoré de 12 statues, supporte le poids de la voûte du transept sud ; c’est une véritable prouesse architecturale, suscitant donc légendes et commérages.construit vers 1230, il est le pilier central de la salle et porte douze sculptures de toute beauté : la première rangée représente les quatre évangélistes, surmontés d'anges jouant de la trompe. Le groupe supérieur comprend le Christ, assis, entouré d'anges portant les instruments de la Passion.

    Dans cette même salle, il faut remarquer la statue d'un petit homme, accoudé sur la balustrade de la chapelle Saint-Nicolas, qui regarde vers la voûte soutenue par le pilier aux anges. On dirait un paysan futé et narquois. Son béret est peint en noir et son manteau aux couleurs de la ville, mi-parti blanc et rouge. Il contemple le pilier aux anges et il semble mettre en doute la solidité de la voûte...

    A en croire la légende, le petit homme était venu un jour visiter le choeur nouvellement achevé. Il tournait autour du pilier aux anges, le regardant de bas en haut, et de haut en bas, mesurant du regard la légèreté de la colonne et le poids de la voûte, et il secouait la tête d'un air inquiet.

     

    A ce moment, l'architecte vint à passer et, intrigué par les allures du petit homme, il lui demanda ce qu'il avait à critiquer.

     

    L'autre répondit : « Le pilier est beau, il est léger, il est grand, il est orné admirablement de ciselures et de statues, c'est une merveille, mais il est trop faible pour supporter l'énorme voûte. Bientôt on le verra fléchir et s'écrouler.

     

    « Eh bien, dit l'architecte, vous regarderez le pilier jusqu'à ce qu'il s'écroule ! »

     

    Et aussitôt il alla choisir un bloc de pierre et le tailla de son ciseau. Il en sortit l'exact portrait du petit homme qui fut placé derrière la balustrade de la chapelle. Il est là depuis des siècles, regardant le pilier aux anges, et il attend encore, et il attendra toujours l'effondrement de la voûte.

     

     

     


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    Découvert par Maurice Rosart, le rayon vert de la cathédrale de Strasbourg est un phénomène visible chaque année aux équinoxes.

    Deux fois par an, en mars et en septembre, un rayon vert apparait sur le dais de pierre qui surplombe le Christ de la Chaire à 11 h 38 le jour de l’équinoxe de printemps (également à 12 h 24 le jour de l’équinoxe d’automne).

    L’équinoxe est le nom donné pour le jour du printemps et pour le jour de l’automne.
    Ce sont deux dates marquées par l’égalité de durée du jour et de la nuit.

    Le phénomène visible est le suivant : le soleil passe dans le pied du vitrail représentant Juda et vient frapper la tête du Christ sur la chaire avec une lueur verte due à la couleur du verre et à son épaisseur différente des autres pièces du vitrail.
    Le rayon passe chaque jour un peu plus bas en raison de l’évolution du soleil dans le ciel au fur et à mesure des jours.

    Poétique et beau à observer, le phénomène n’est ni mystérieux, ni ésotérique, et ne possède aucune signification théologique bien que le rayon trouve son origine dans le pied de Juda.

    Attention : il ne s’agit pas du Judas « traître » de l’évangile, mais de Juda (sans « s »), un des 12 fils de Jacob.

     

     


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